Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - L'ARLEM (Assemblée des autorités locales des régions euroméditerranéennes) a clos ses travaux lundi 29 janvier à Bari (Italie) ses travaux par l'affirmation de son rôle central dans le dialogue euroméditerranéen. Elle a aussi renouvelé ses structures et désigné à sa co-présidence Ramon-Luis Valcarel-Siso, (de la région de Murcie, Espagne) futur président du CdR (Comité des régions de l'UE) et l'Égyptien Youssef Ali Abderrahmane (gouverneur de la province de Gizeh). Leur mandat débutera en août prochain. Elle a aussi décidé l'élargissement de ses structures pour répondre plus efficacement aux défis attendus en 2012.
L'ARLEM entend ainsi tenir compte d'une demande d'implication plus forte sur le terrain et pour renforcer sa force de proposition de projets dans la formation ou le développement durable, elle s'est liée par un accord de coopération à l'université euroméditerranéenne EMUNI, présidée par le Maltais Joseph Mifsud. Elle a également admis en son sein la Croatie en attendant d'enregistrer l'adhésion de la Libye. La session, qui a eu lieu dans la capitale des Pouilles, a été fortement empreinte par le contexte politique dans la région, marqué au nord par la crise et les restrictions budgétaires, singulièrement dans la partie méditerranéenne de l'Europe, et par les bouleversements qui ont affecté en 2011 le sud et l'est méditerranéen. Ces crises ont induit une forte demande de rééquilibrage des territoires et du besoin d'agir pour une sortie de la marginalité des régions pauvres.
Ce rappel a été fait par la quasi-totalité des intervenants et la co-présidente en exercice du côté européen, Mercedes Bresso (Piémont, Italie, actuelle présidente du CdR, lire notre bulletin hier) a souligné que 2012 sera l'année des plus grands défis car elle sera encore marquée, a-t-elle dit, par des bouleversements, nourris en premier par la poursuite de la crise syrienne, les soubresauts libyens et les incertitudes au Maghreb.
La volonté est de faire de l'assemblée le nœud d'une coopération axée sur le développement régional et le renforcement de la capacité de proposition de projets au bénéfice des régions. Des rapports devront être élaborés d'ici la prochaine session à Antakya (Turquie) dans un an, pour éclairer cette démarche. Ils porteront sur une des principales activités en Méditerranée: le tourisme durable (rapporteur désigné, la Française Michèle Saban, présidente de l'Assemblée des régions d'Europe) et sur les besoins en éducation et en formation confié à l'Égyptienne Nehal El Megharbel.
Les débats ont permis de noter une forte volonté d'engagement exprimée aussi bien par le maire de Malaga (Espagne), qui a plaidé pour une meilleure mobilité et l'utilisation des programmes Erasmus, et, comme l'a affirmé le maire de Rabat (Maroc), par un surcroît d'attention à porter aux PME et aux micro-entreprises et pour l'agriculture (selon l'ancien président du CdR, Jacques Blanc). Plusieurs autres orateurs ont détaillé tous les domaines dans lesquels la complémentarité entre les rives méditerranéennes offre un champ de coopération prometteur, rappelant notamment la formule désormais classique selon laquelle « la croissance est au sud ». À noter que la session a été marquée par une forte présence égyptienne, algérienne et une participation active de représentants d'autorités locales mauritaniennes. Les Tunisiens ont été absents. (FB)