Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen a appelé, jeudi 2 février, les États membres à mieux sanctionner les dirigeants de régimes autoritaires en leur interdisant « rigoureusement de détenir des actifs et des biens sur le territoire de l'UE ». En adoptant le rapport de Graham Watson (ADLE, britannique) contenant des « recommandations sur la définition d'une politique cohérente vis-à-vis des régimes autoritaires contre lesquels l'Union européenne applique des mesures restrictives, lorsqu'ils exercent des intérêts personnels et commerciaux à l'intérieur des frontières de l'UE », les députés exhortent aussi les États membres à révéler les noms des dirigeants de régimes frappés de sanctions possédant des actifs sur leur territoire, leur valeur et leur localisation. Les élus invitent les États à appliquer « rigoureusement » l'interdiction de voyager frappant les dirigeants sanctionnés mais aussi leurs familles.
« La position hypocrite de l'UE envers les dirigeants des régimes autoritaires doit prendre fin. Nous dénonçons publiquement leurs situations quant aux droits de l'homme, alors que nous les laissons cacher leur argent dans nos banques, posséder des biens au sein de nos frontières, faire des affaires avec nos entreprises et passer des vacances dans nos stations », a souligné M. Watson. « Des dirigeants autoritaires et leur argent ont été, par le passé, beaucoup trop bien accueillis au sein de nos frontières. Les interdictions de voyager et le gel des avoirs n'ont été mis en place qu'une fois les dirigeants en fuite. Ce n'est d'aucune utilité », a-t-il ajouté.
Pour des sanctions plus efficaces, les députés appellent aussi à l'élaboration de critères clairs sur les cas d'application des mesures, sur leurs objectifs et leur évaluation, un processus dans lequel le Parlement veut être davantage impliqué. Il souhaite aussi « maximiser la collaboration et les synergies » entre les États membres, pour qu'ils parlent « d'une voix unique et cohérente lorsqu'il s'agit de condamner les régimes autoritaires dans le cadre d'une approche intégrée unique de l'Union », et qu'ils essaient de coordonner des mesures au niveau international. Le Parlement invite les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à œuvrer pour que ses résolutions « soient appliquées avec rigueur et complètement ». (CG)