Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - La gestion de l'aide humanitaire de l'UE s'est améliorée et peut encore se parfaire, mais la gestion des fonds acheminés par l'UE vers les Nations unies laisse vraiment à désirer, et c'est là que le bât blesse, estime le Parlement européen dans une résolution adoptée le 2 février.
« L'aide humanitaire cible ceux qui en ont le plus besoin. Son inefficacité coûte des vies humaines », a déclaré le rapporteur Martin Ehrenhauser (NI, Autriche) pour souligner l'enjeu de cette résolution sur le contrôle budgétaire de l'aide humanitaire de l'UE, et l'importance des recommandations qu'elle formule.
Le Parlement invite la Commission à continuer de peaufiner les mesures visant à améliorer l'efficacité de sa coopération avec les partenaires au contrat-cadre de partenariat à l'occasion du renouvellement, en 2012, de ce contrat qui régit les relations avec les organismes de la Croix rouge et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Selon les eurodéputés, il convient qu'ECHO (le service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission) réduise la bureaucratie excessive pour les partenaires « tout en garantissant un niveau élevé de responsabilisation et de transparence et que les insuffisances relevées au cours des audits périodiques des systèmes des partenaires fassent l'objet de correction en temps opportun », précise la résolution.
Les relations entre ECHO et ses partenaires des Nations unies, quant à elles, sont régies par l'accord-cadre financier et administratif, mais, dans les deux cas, la méthode appliquée pour l'exécution du budget est celle de la gestion partagée. Conscient des graves insuffisances relevées dans les modalités et la mise en œuvre du contrôle et du suivi des fonds de l'UE dans le cadre de la gestion partagée, le Parlement invite la Commission à adopter les mesures nécessaires pour garantir la fiabilité des activités d'audit réalisées par les organismes des Nations unies. Il rappelle que la révision en cours du règlement financier propose que les fonds européens acheminés par les Nations unies et les organisations internationales soient gérés selon la méthode de la gestion indirecte. Les eurodéputés déplorent le caractère général des rapports fournis par les Nations unies, qui ne comportent pas toutes les informations requises sur les résultats et l'impact des projets. Aussi invitent-ils la Commission à veiller à ce que ces rapports contiennent les informations manquantes. Le Parlement estime que les États membres devraient montrer davantage de volonté politique pour faire avancer la réforme des Nations unies afin de renforcer la responsabilité. Ils invitent la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE à faire de cette question une priorité et à jouer un rôle de facilitateur. (AN)