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Bulletin Quotidien Europe N° 10546
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Van Rompuy, la relation avec Tunis abordée avec « confiance et vigilance »

Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Les chefs de file des principales institutions européennes, les présidents du Parlement, du Conseil et de la Commission n'ont pas lésiné dans les gestes positifs à l'égard du Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, venu leur rendre visite le 2 février à Bruxelles. Ces égards ont été donnés pour des assurances à l'évidence pleinement acceptées bien que pouvant paraître en décalage avec la situation sur le terrain marquée par de fortes contestations et inquiétudes pour les droits et les libertés, notamment celles de la presse. Le jour même de la visite, les médias tunisiens ont arboré un brassard rouge pour signifier leur mécontentement.

« C´est avec confiance que je vois se dérouler le processus de démocratisation et de construction de l´état de droit », a pourtant affirmé M. Van Rompuy. La perception nettement positive manifestée à Bruxelles semble résulter du contraste entre ce qui se passe encore en Tunisie par rapport à la Syrie, la Libye et même à l'Égypte en proie à des rebondissements inquiétants. L'UE semble avoir choisi de faire de ce pays sa 'vitrine de dialogue démocratique' avec un des gouvernements islamistes qui fleurissent ou vont fleurir sur le bord méridional de la Méditerranée. Le président Van Rompuy l'a ainsi exprimé: « La population tunisienne, première en Afrique du Nord à oser entamer le renouveau démocratique est également un précurseur dans l'établissement de structures démocratiques. Si elle réussit à pérenniser le processus de démocratisation engagé, la Tunisie continuera à servir de modèle de changement dans la région ». Pour M. Barroso aussi, « cet appui à la transition tunisienne constitue une opportunité historique pour l'UE, afin de répondre de manière efficace et positive aux défis posés par le 'printemps arabe' ».

Votre visite est « un signal très important » ont affirmé de concert les présidents des trois institutions européennes auxquels il convient d'ajouter la Haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Le président Schulz a « beaucoup apprécié » le « signal fort de l'engagement de la Tunisie à renforcer son partenariat avec l'UE », Le président Schulz a affirmé que la Tunisie et l'UE partagent les « mêmes valeurs » et qu'il n'est de démocratie que dans l'accomplissement complet des droits, économiques, politiques et sociaux. Avec une petite mise en garde toutefois contre toute tentation, pour le gouvernement tunisien présidé par le parti islamiste Ennahdha de manœuvrer pour durer: « Afin de relever les défis importants auxquels est confronté le peuple tunisien, le calendrier des réformes constitutionnelles doit être respecté », (un délai obligatoire de 18 mois pour tout boucler, a souligné M. Barroso) quant à l'UE, sa part sera de « soutenir concrètement la reprise économique en la Tunisie ».

Pour M. Van Rompuy, avec M. Jebali ce fût « un entretien constructif que je résumerai en une phrase simple: entre l'UE et la Tunisie, les relations sont proches et fortes » et devraient aboutir à un « véritable partenariat, d'égal à égal ». Relevant positivement la mise en place de structures institutionnelles de transition: « Nous sommes convaincus de l'importance des réformes dans des domaines tels que le secteur de la sécurité, le droit électoral et la justice, qui répondent tout d'abord à une demande des citoyens tunisiens, mais qui sont également nécessaires pour envoyer un message rassurant au monde extérieur, y compris les investisseurs étrangers ». Ainsi, « le dialogue avec les acteurs de la société civile est de plus en plus un élément important de nos relations ; nous tenons à renforcer ce dialogue et à impliquer la société civile dans l'ensemble de nos discussions ». « Finalement, nous abordons avec confiance et vigilance parce que nous sommes attachés à un certain nombre de principes sur lesquels les printemps arabes ont pris eux-mêmes appui: la démocratie, les élections libres et transparentes. Le respect des droits de l´Homme, la construction de l´état de droit, le respect de la femme et des droits de la femme ». Il a, comme le président de la Commission européenne (EUROPE n° 10545) après lui dans la journée, affirmé le plein engagement de l'UE à instaurer un « partenariat privilégié » avec la Tunisie et de lui accorder un « statut avancé » présenté comme « une ambition commune ».

Dans une déclaration conjointe de 5 pages, que la Commission proposait même de signer pour lui conférer un caractère solennel, la Commission a détaillé l'ensemble des mesures qu'elle se propose d'engager avec la Tunisie dans tous les domaines (standards industriels, agriculture, mobilité, entreprises, mais dans laquelle un sujet encore contesté (les services) a été mis de côté sans doute pour éviter tout retard dans les pourparlers qui vont s'ouvrir dès les prochains jours). (FB)

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