Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré, vendredi 3 février, qu'une réunion des ministres des Finances de la zone consacrée à la Grèce n'aurait pas lieu lundi 6 février mais peut-être « plus tard dans la semaine ». Les difficiles négociations relatives au 2ème sauvetage grec seraient néanmoins sur le point d'aboutir. Le Premier ministre grec Lucas Papademos a assuré vendredi que ces négociations étaient entrées dans « une phase finale », rapporte l'AFP.
Deux éléments se négocient en parallèle: - une participation volontaire du secteur privé qui permettrait une restructuration de la dette grecque afin de ramener celle-ci de 160% à 120% du PIB national ;
- les mesures structurelles que le gouvernement grec devra adopter et mettre en œuvre afin de respecter ses engagements budgétaires et macro-économiques, condition à l'octroi d'une aide publique d'au moins 130 milliards d'euros (EUROPE n° 10545). L'Eurogroupe demande aux principaux partis politiques grecs qu'ils souscrivent par écrit aux objectifs du futur programme afin de s'assurer d'un respect des engagements quel que soit le résultat des élections législatives du printemps. Une exigence encore loin d'être acquise.
Parmi les mesures structurelles actuellement négociées entre les autorités grecques et la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) figure une réforme des « salaires » dans le secteur privé. S'attaquer aux problèmes « chroniques » de l'économie grecque à travers une réforme du marché du travail et des conventions salariales est quelque chose de « tout à fait pertinent », a estimé le porte-parole du commissaire chargé de l'euro Olli Rehn. La Commission européenne prend d'ailleurs note de l'accord survenu jeudi à Athènes entre les partenaires sociaux. Les organisations patronales grecques et la confédération générale des travailleurs de Grèce ont convenu, jeudi, de faire front commun pour protéger les salaires minimaux et le versement du 13ème et du 14ème mois, indique l'Athens News Agency. Les partenaires sociaux grecs sont également d'accord pour réduire le coût des cotisations sociales, mais ils s'opposent sur le gel en 2 ou 3 ans des augmentations salariales. Ils demanderont par lettre à la 'troïka' ainsi qu'au gouvernement et aux partis grecs de respecter leurs décisions.
Le ministre allemand de l'Économie, le libéral Philipp Rösler, a rejeté l'éventualité que la BCE accepte une perte sur les 40 milliards d'euros des obligations souveraines grecques qu'elle détient lors de la restructuration de la dette. « La discussion actuelle porte en premier lieu sur la participation du secteur privé. Les États européens et leurs contribuables contribuent déjà massivement au processus de restructuration en Grèce à travers leurs efforts de soutien », a-t-il indiqué. Selon le porte-parole de M. Rehn, il faut attendre de disposer de toutes les données relatives à la participation du secteur privé avant de voir si la trajectoire de la dette grecque redevient soutenable. « À ce moment-là, on verra si une participation du secteur public est nécessaire. L'est-elle: oui, non ? Combien ? Cette discussion ne peut avoir lieu tant que tous ces éléments ne sont pas clarifiés », a t il considéré. (MB)