Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Le ministre français des Affaires européennes Jean Leonetti a estimé, vendredi 3 février, que le Mécanisme européen de stabilité (MES) signé la veille par les ambassadeurs nationaux des pays de la zone euro correspond à la création d'un « véritable Fonds monétaire européen ». Un instrument anti-crise pour lequel la France plaide depuis longtemps (EUROPE n° 10542).
Selon le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, le fonds européen de sauvetage, qui sera opérationnel en juillet 2012 soit « un an plus tôt que prévu initialement », représentera « un pare-feu permanent disposant d'un éventail large d'outils et d'une base financière solide ». Le MES sera doté d'une capacité effective de prêt de 500 milliards d'euros qui reposera sur 700 milliards d'euros de capital souscrit dont 80 milliards de capital initial et 620 milliards de capital exigible. Il pourra aider financièrement un pays en échange de la mise en œuvre par celui-ci d'un programme d'austérité. Il sera aussi en mesure de racheter des obligations souveraines directement à un État ou sur les marchés secondaires, et de soutenir un secteur bancaire national en difficulté. En cas de restructuration d'une dette publique, le fonds permanent de sauvetage ne prévoira pas a priori la participation du secteur privé, conformément à la doctrine du FMI. À partir de mars 2013, seuls les 25 États membres (tous sauf le Royaume-Uni et la République tchèque) ayant ratifié le pacte budgétaire pourront faire appel au MES.
Début mars, les leaders européens s'interrogeront sur le caractère adéquat de la dotation du pare-feu européen destiné à empêcher la contagion de la crise de la dette souveraine. (MB)