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Bulletin Quotidien Europe N° 10546
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Pour un regard objectif sur le plan européen de relance économique

Les initiatives démarrent. Je continue à ne pas partager le scepticisme et parfois l'ironie qui accompagnent le lancement par l'UE de son programme de relance économique. Dès le départ, cette rubrique s'est efforcée d'en souligner la double signification: a) un message à l'opinion publique, indiquant que l'UE attribue à la croissance et à l'emploi autant d'importance qu'à la discipline budgétaire ; b) le lancement de perspectives immédiates de relance économique. L'évolution en cours confirme à mon avis que la Déclaration des chefs d'État ou de gouvernement n'est pas un document velléitaire et rhétorique ; les initiatives annoncées démarrent. D'ailleurs, ni les chefs d'État ou de gouvernement ni M. Barroso ne sont les seuls auteurs ou inventeurs de ces initiatives. La Commission en avait discuté à l'avance plusieurs aspects avec les commissions parlementaires compétentes et elle avait tenu compte des suggestions et remarques recueillies.

L'appui du président du PE. L'allocution de Martin Schulz, président du PE, à l'ouverture du Sommet du 30 janvier, avait formulé des suggestions et réclamé des mesures qui ont été ensuite reprises dans la Déclaration. En indiquant ce que le Parlement demande, il avait cité une initiative pour la croissance en soulignant qu'il serait logique de la financer en utilisant les milliards d'euros inscrits au budget communautaire, mais non utilisés (et qui disparaîtraient du budget de l'UE, étant rendus automatiquement aux États membres à la fin de l'exercice budgétaire). La plupart de ces milliards disponibles doivent être investis dans des projets pour l'emploi des jeunes ; et le président du PE avait remercié à l'avance M. Barroso pour les initiatives qu'il aurait présentées le jour même, ce qu'il a fait une heure plus tard.

Certes, la liste des demandes de M. Schulz au nom du Parlement était plus ambitieuse, comportant aussi: la taxe Tobin sur les transactions financières ; la création des eurobonds ; une agence de notation européenne qui casserait le monopole américain et supprimerait les conflits d'intérêts. Ces exigences restent valables: tant mieux; mais la Déclaration sur la relance économique existe, et c'est encore mieux. Je persiste à estimer que cette Déclaration a sa place parmi les meilleurs documents approuvés par le Conseil européen pendant sa déjà longue existence, et surtout l'un des plus opérationnels.

Rôle du marché intérieur. La Déclaration insiste à plusieurs reprises sur le rôle du marché intérieur européen dans la relance de l'activité économique, Plusieurs allusions ou références explicites indiquent ou laissent comprendre que des lacunes subsistent en ce domaine et que des remèdes existent. C'est un aspect à prendre en considération car s'y réfèrent aussi bien Michel Barnier, commissaire en charge de ce dossier, que Mario Monti, son lointain prédécesseur et aujourd'hui Premier ministre italien. Dans le cadre du débat parlementaire sur la croissance, Joseph Daul, président du groupe parlementaire PPE, a réclamé l'achèvement du marché intérieur « dont les textes sont adoptés mais ne sont pas appliqués », en ajoutant que « chaque européen doit savoir quel État membre ne joue pas le jeu du grand marché unifié ». Et dans le même débat, Guy Verhofstadt, président du groupe libéral, a invité en particulier à débloquer le « brevet communautaire» et a indiqué Bruxelles comme siège provisoire. Si j'étais mieux renseigné (ou plus intelligent), je pourrais en dire davantage ; j'espère être en mesure de le faire bientôt.

Le respect par tous les États membres des principes du marché intérieur est sans doute plus important que la recherche démagogique de ressources financières nouvelles qui pour le moment n'existent pas.

Deux détails supplémentaires. 1) Le financement par le budget de l'UE d'initiatives en faveur de l'emploi des jeunes (c'est-à-dire une large partie des 82 milliards d'euros disponibles) est garanti et la répartition par État membre a été calculée: Pologne 17,5 milliards ; Espagne 10,7 ; Italie 8, et ainsi de suite. Mais la part nationale, variable selon les cas, soulève parfois des problèmes en raison des difficultés budgétaires de plusieurs États membres. M. Verhofstadt a invité à changer les règles du cofinancement « budget UE/budgets nationaux ». L'essentiel est de toute manière l'utilisation efficace des soutiens financiers, en évitant gaspillages et abus. Les perspectives ne sont pas uniformes dans tous les États membres.

2) Si la Suède n'a pas souscrit la Déclaration, ce n'est pas parce qu'elle n'en partage pas les objectifs, mais dans le but de sauvegarder ses mesures nationales en faveur des jeunes, qu'elle considère comme mieux adaptées à ses besoins et à la mentalité de la population. Ce sont d'autres États membres qui affichent en ce moment leur hostilité à la construction européenne. Il faudrait leur rappeler qu'ils peuvent quitter l'UE.

(FR)

 

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