Bruxelles, 30/01/2012 (Agence Europe) - Les problèmes de l'économie espagnole, les mesures que l'Espagne compte adopter pour faire face aux défis économiques et budgétaires, ainsi que les axes principaux de la politique économique du nouveau gouvernement ont été au centre du premier entretien que Mariano Rajoy a eu, en tant que nouveau Premier ministre espagnol, avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, lundi 30 janvier à Bruxelles, avant un sommet européen informel dédié principalement à la lutte contre la crise et à la relance de la croissance et de l'emploi.
M. Rajoy a insisté d'emblée sur le fait que, sous son gouvernement, l'Espagne sera « un allié fidèle » des institutions européennes et de la Commission, ainsi qu'un « interlocuteur fiable et engagé » dans le débat européen. Il a exprimé sa confiance en l'euro avant d'insister sur l'importance des mesures en faveur de la croissance et de l'emploi (notamment des jeunes) en discussion au sommet des chefs d'État et de gouvernement. Il a indiqué que, pour sa part, il insisterait notamment sur les mesures en faveur des PME. Notre politique économique, a indiqué M. Rajoy, sera agencée autour de quatre piliers: - la consolidation budgétaire, avec la volonté de contenir les dépenses publiques et de réduire la dette ; - des réformes structurelles pour une plus grande compétitivité de l'économie, avec notamment la présentation en février d'une loi de réforme du marché du travail (modération salariale dans les prochaines années « sans tenir compte de l'inflation ») ; - la liquidité financière pour le financement des entreprises ; - l'appui de l'Espagne à la consolidation fiscale et au MES, deux points à l'ordre du jour des chefs d'État et de gouvernement. En ce qui concerne les mesures de consolidation, sur lesquelles il est attendu, M. Rajoy a dit que son gouvernement attend la publication des prévisions macroéconomiques de la Commission, le 23 février, avant de présenter son propre cadre macroéconomique assorti d'un plafond des dépenses et d'un calendrier précis pour les mesures de consolidation à venir. M. Rajoy a insisté sur ce point sur le fait que l'Espagne a déjà pris de l'avance par rapport aux mesures que les Vingt-sept se préparent à adopter, avec les mesures adoptées vendredi ou celles qui seront adoptées dans les prochains jours.
Pour sa part, le président de la Commission a indiqué qu'il attend le programme de travail espagnol. Les mesures espagnoles devront, selon lui, viser à réduire le déficit, sans pour autant pénaliser la croissance. À cet égard, les mesures décidées le 30 décembre dernier pour corriger le déficit 2011, équivalentes à une réduction de ce dernier de 1,4% du PIB, constituent, selon M. Barroso, un élément essentiel. Enfin, pour ce qui est des mesures visant à stimuler la croissance et l'emploi dans l'UE, le président de la Commission a indiqué que cette dernière présenterait deux propositions pour faire face au chômage des jeunes et au manque de financement pour les PME, deux problèmes qui affectent particulièrement l'économie espagnole. (FB)
par Ferdinando Riccardi