Les investissements mondiaux en R&D restent en hausse en 2012. La R&D mondiale ne devrait pas être affectée par la crise en 2012. Les investissements annoncés sont en hausse, selon l'institut Battelle (« 2012 Global R&D Funding Forecast »), d'après les statistiques compilées par les grandes institutions mondiales (OCDE, FMI, Banque mondiale). Au total, 1 402 milliards de dollars seront investis cette année dans le secteur de la recherche et du développement dans le monde, au bénéfice des quelque 6 millions de chercheurs en activité. Malgré la crise, les budgets sont en hausse pour la troisième année consécutive (+5,2% par rapport à 2011). Une quarantaine de pays affichent même beaucoup d'ambition dans leurs activités de R&D. Les États-Unis restent en tête du palmarès avec 436 milliards de dollars d'investissements, dont 208 milliards dévolus au secteur privé. Et ce malgré un léger rabais de -1,9 milliard de dollars décidé pour 2012. La Chine est désormais solidement installée à la deuxième place, avec 199 milliards de dollars, devant le Japon (157 milliards). Derrière le trio de tête, peu de changements par rapport aux années précédentes: l'Allemagne est toujours le premier pays européen à investir davantage en R&D (90 milliards de dollars), suivie par la Corée du Sud (56,4 milliards), la France (51,1 milliards) et le Royaume-Uni (42,4 milliards). L'Allemagne consacrera cette année 2,87% de son PIB à la R&D contre 2,24% pour la France. Les deux pays investissent sensiblement le même pourcentage dans le secteur public (environ 1% du PIB) mais ce sont les entreprises allemandes qui font la différence, la France continuant de pâtir d'un tissu industriel peu présent dans les secteurs à forte densité scientifique. Au vu des dernières tendances, l'activité de la Chine en matière de R&D progresse à un rythme proche de 10% par an, augurant d'une première place à la tête des plus gros investisseurs en R&D du monde en 2025, si ce tempo se maintient. L'Asie est devenue, par ailleurs, le continent privilégié par les industriels américains dans le secteur de la recherche. La Chine est citée favorite comme pays cible par 30% d'entre eux, suivie par l'Amérique du Nord et l'Inde, à égalité (24%). L'Europe n'arrive qu'au cinquième rang avec 16% des intentions d'implantation d'un futur centre de R&D. L'Inde a annoncé, par ailleurs, sa volonté d'entrer plus activement dans la course et a l'intention, pour y parvenir, d'atteindre 2% du PIB investi dans la R&D en 2017. Selon le projet gouvernemental, le budget de R&D du pays devrait augmenter d'environ 8 milliards de dollars par an au cours des cinq prochaines années. Malgré tout, l'Europe reste la terre promise pour la recherche de haut niveau. En termes de publications scientifiques, le vieux continent fait jeu égal avec les États-Unis (plus de 300 000 publications en 2011). Un terrain sur lequel ne rivalisent pas (encore) la Chine et l'Inde qui ne produisent pour l'instant que peu de connaissances originales au niveau mondial. Les entreprises jouent, par ailleurs, un rôle de plus en plus important dans cette course au savoir et restent source d'innovation et de savoir. Par exemple, cette année encore, des géants comme Microsoft, Samsung, Intel, Toyota, Novartis ou Roche vont injecter entre 5 et 9 milliards de dollars en R&D. De tous les secteurs industriels, celui des technologies de l'information et de la communication (TIC) est le plus remarquable en termes de croissance. Les industriels spécialisés dans ce domaine vont effectivement injecter plus de 238 milliards de dollars, contre 229 milliards en 2011. Cette croissance exceptionnelle est dominée par les États-Unis, qui assurent près de 60% de la recherche mondiale dans ce secteur, devant le Japon. À lui seul, Microsoft injectera cette année près de 9 milliards de dollars en R&D, devant Samsung (8 milliards). Les États-Unis disposent par ailleurs d'une dizaine de sociétés très actives, qui investissent plus de 2 milliards de dollars par an en R&D. Par exemple Intel (5 milliards), IBM (5 milliards également), mais aussi Cisco, Oracle, Google, Hewlett-Packard, Qualcomm, Apple. Les activités en plein développement sont les communications sans fil (dopées par le « cloud computing »), l'internet mobile et les réseaux. (IL)