Bruxelles, 30/01/2012 (Agence Europe) - Circonspection. C'est le terme le plus adapté pour qualifier l'accueil réservé par les ONG européennes de développement aux nouvelles orientations énoncées le 26 janvier par la Commission européenne dans sa communication intitulée « Renforcer les capacités des pays en développement en intégrant le commerce dans leur stratégie de croissance » (EUROPE n° 10451).
Pour CONCORD, la confédération européenne des ONG d'urgence et de développement, cette nouvelle stratégie décennale pour le commerce, la croissance et le développement revient à réduire de 10,5 milliards les politiques d'aide au commerce, en opérant une différenciation entre l'appui aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et l'aide aux pays les moins avancés.
Si les 1 600 ONG que fédère CONCORD saluent les efforts déployés par la Commission pour se concentrer sur les pays les moins développés, elles s'inquiètent du fait que la politique commerciale de l'UE se préoccupe davantage du profit que l'UE peut en retirer que d'aide au développement. Aussi appellent-t-elles de leur voeux une politique commerciale envers les pays en développement, transparente et inclusive, et qui soit le fruit d'efforts conjoints pour identifier les mesures commerciales vraiment guidées par les besoins des pays en développement.
« Concentrer davantage d'aide sur les pays les moins développés est indispensable et nous nous en félicitons car l'aide dont ces pays ont besoin affiche actuellement un déficit qui représente 20% seulement des mesures d'aide au commerce actuelles. Mais l'UE ne devrait pas considérer le monde en développement comme les BRICS versus les autres. Malheureusement, de grandes inégalités et des niveaux de pauvreté élevés demeurent, voire augmentent dans certains pays en développement en dépit de leurs niveaux élevés de croissance économique. La Commission européenne devrait dire plus clairement quels sont les pays qui perdront en soutien de la part de l'UE et apporter la preuve que la nouvelle politique envisagée n'affectera pas négativement leur développement. », explique Olivier Consolo, directeur de CONCORD.
Marc Maes, expert en politique commerciale pour la coalition d'ONG belges 11.11.11. membre de CONCORD, enfonce le clou en déclarant: « Les nouvelles orientations de la Commission visent bien plutôt à définir comment l'aide majorera les bénéfices à retirer par l'UE de sa politique commerciale qu'à établir comment cette politique soutiendra le développement. L'UE peut bien 'vendre' cette politique comme un appui ciblé, il n'empêche que l'objectif réellement poursuivi est d'imposer ses propres normes commerciales au monde en développement ». (AN)