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Bulletin Quotidien Europe N° 10542
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) grÈce

Boucler le 2ème sauvetage grec d'ici « la fin de la semaine »

Bruxelles, 30/01/2012 (Agence Europe) - Les négociations relatives à la restructuration partielle de la dette grecque entrevoient la fin du tunnel, à en croire les commentaires des leaders européens lundi 30 janvier à l'issue du sommet européen. Un accord sur ce point faciliterait la finalisation du 2ème sauvetage grec doté d'une enveloppe d'argent public avoisinant 130 milliards d'euros. La question de la tenue d'un sommet spécial n'a pas été tranchée, une réunion du Conseil Écofin pourrait suffire.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a espéré que le nouveau programme grec sera finalisé « à la fin de la semaine », à temps pour que les créanciers privés de la dette soient en mesure de procéder à l'échange de leurs titres de dette « mi-février ». Après avoir brièvement informé le Conseil européen, le Premier ministre grec Lucas Papademos a rencontré en petit comité M. Van Rompuy, le membre du directoire de la BCE M. Asmussen et les présidents de la Commission européenne M. Barroso et de l'Eurogroupe M. Juncker. M. Barroso a estimé que le cas grec demeurerait « exceptionnel » (EUROPE n°10483). Tout accord devra faire l'objet d'un engagement formel et sans équivoque des principaux partis politiques grecs, a-t-il souligné. « J'ai bon espoir que la situation fera l'objet d'un accord définitif, disons, dans les quelques jours qui viennent », a confirmé le président français Nicolas Sarkozy, pour que cette question doit être réglée car elle « empoisonne le calendrier européen depuis des mois ». Selon lui, il reviendra à la BCE de décider, en toute « indépendance », si elle accepte une perte sur les titres grecs qu'elle détient.

Le sommet européen s'était ouvert, lundi, sur fond de polémique entre l'Allemagne et la Grèce. La première réclamerait une surveillance européenne accrue du respect, par la seconde, de ses engagements budgétaires et macro-économiques (voir autre nouvelle). La Grèce, et d'autres États membres, ont rejeté d'emblée cette idée. M. Juncker s'est dit « fermement opposé » à cette idée. Pour le Premier ministre italien Mario Monti, cette proposition « farfelue et désagréable » n'a pas été évoquée au plus haut niveau politique. « La Grèce est un pays souverain, c'est avec eux que les chosent doivent se faire. Cela ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de surveillance. Mais il ne peut être question de mettre un pays sous tutelle », a considéré M. Sarkozy. Une mise sous tutelle de la Grèce ne serait « pas raisonnable, pas démocratique, pas efficace ». Vu le caractère émotionnel des débats, il est important d'avancer rapidement, a indiqué Mme Merkel. Les élections législatives sont proches (mi-mars) et la Grèce besoin de nouveaux crédits (15 milliards d'euros mi-mars).

La proposition allemande visant à donner la priorité au remboursement des créanciers privés avant le versement des salaires des fonctionnaires grecs est-elle acceptable ? « Cette question mérite d'être examinée, car si nous trouvions une solution qui permette de mettre en place un mécanisme de ce type elle rassurerait les créanciers puisqu'ils seraient certains de rentrer dans leur droit », a considéré M. Jean-Claude Juncker.

La participation du secteur privé au 2ème sauvetage grec dure depuis plusieurs mois. Objectif: réduire la proportion de la dette publique hellénique de 160% du PIB national à 120% d'ici 2020 à travers un échange volontaire d'obligations grecques. Conformément aux décisions du Conseil européen de fin octobre, les créanciers privés de la Grèce échangeront leurs titres arrivant à échéance à court et moyen terme pour des titres à 30 ans adossés en partie au Fonds européen de stabilité financière (EUROPE n°10483). 30 milliards d'euros sur les 130 milliards d'argent public serviront à garantir l'opération. En échange, les créanciers devront accepter une décote avoisinant les 50% sur la valeur de leurs titres. L'Eurogroupe exige que les taux d'intérêt fixés aux nouveaux titres soient inférieurs à 4%, et à 3,5% jusqu'en 2020 (EUROPE n°10538). Les créanciers privés s'y seraient résolus à condition que le taux d'intérêt évolue aussi en fonction de la croissance en Grèce. En parallèle, la 'troïka' (Commission, FMI, BCE) est à Athènes où elle négocie avec le gouvernement grec les mesures structurelles à mettre en œuvre en échange de l'aide financière internationale. (MB avec EH/FG/AN)

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