Strasbourg, 30/01/2012 (Agence Europe) - Premier président français de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe depuis 23 ans, Jean-Claude Mignon, par ailleurs député UMP de Seine-et-Marne, affichait optimisme et détermination en cette première session 2012. Il faut dire qu'avec son élection et un discours d'investiture remarqué, celle-ci est à marquer d'une pierre blanche pour ce membre du Parti populaire européen (PPE, centre droit) qui siège à Strasbourg depuis 1993. Une consécration certes, mais pas seulement car il est bien décidé à aller de l'avant afin de rendre au Conseil de l'Europe son poids d'antan après des « années 2000 creuses » qui ont succédé à « une décennie marquée par l'intégration et l'accompagnement sur la voie démocratique - toujours en cours - des pays de l'ancien bloc soviétique ».
47 États membres comptant au total quelque 800 millions d'Européens et représentés par 321 parlementaires et 321 suppléants, « ça ne peut pas ne pas compter », dit-il, « il est temps que nous retrouvions le sens du message politique ». S'il est heureux que le premier ministre britannique David Cameron soit venu à Strasbourg durant cette session et s'y soit s'exprimé sur l'avenir de la Cour européenne des droits de l'homme, Jean-Claude Mignon ne compte pas se contenter d'invités de marque pour faire parler du Conseil de l'Europe. L'heure est « à l'offensive » avec en ligne de mire « un nouveau partenariat avec l'Union européenne. » Un rendez-vous a d'ores et déjà été demandé en ce sens au socialiste Martin Schulz, nouveau président du Parlement européen ; des contacts seront noués dans la foulée avec les présidents des groupes politiques ainsi qu'avec la Commission par l'intermédiaire de « [son] ami Michel Barnier », lui-même français et UMP. « L'Union européenne nous ignore, il faut que cela cesse ».
Prêt à empoigner son bâton de pèlerin entre Bruxelles, Paris et Strasbourg, Jean-Claude Mignon a également l'intention de se rendre au cœur des « conflits gelés » - bien « chauds » de son point de vue - qui gangrènent encore le continent. Haut-Karabagh, Ossétie du Sud, Transnistrie, il ira partout « avec des objectifs définis par le Bureau », une solide détermination et sans langue de bois. « En ce qui concerne la Transnistrie, dit-il, j'ai bonne espoir d'aboutir rapidement à un résultat, les parties en présence faisant preuve d'intelligence et de bonne volonté ». La situation en Hongrie et en Russie « le préoccupent ». « On va être vigilant », dit-il, « ces pays sont membres de notre ' famille', il faudra que l'on puisse se dire objectivement ce qui va et ce qui ne va pas, ce qui ne veut pas dire qu'on va se brouiller ».
Plus largement, Jean-Claude Mignon veut faire entendre la voix du Conseil de l'Europe sur une scène internationale chamboulée par le 'printemps arabe', événement équivalent à la chute du Mur de Berlin selon lui. « Il faut notamment que nous nous exprimions sur la Syrie et sur la situation au Moyen-Orient, et ce d'autant plus qu'Israël et l'autorité palestinienne participent à nos débats, l'un en tant que pays observateur, l'autre comme partenaire pour la démocratie ». Pour aller de l'avant, Jean-Claude Mignon appelle de ses vœux un nouveau Sommet du Conseil de l'Europe, le dernier datant de 2005 à Varsovie. Pour cela il lui faut l'aval du Comité des ministres du Conseil de l'Europe, instance avec laquelle il veut sortir d'une sclérosante relation de « face à face ». Autre chantier en perspective pour un homme qui, dans l'enthousiasme d'une toute fraîche élection, prône « une culture du résultat ». On ne demande qu'à voir… (VL)