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Bulletin Quotidien Europe N° 10493
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/transport

Hedegaard défend sa chasse au CO2 en commission

Bruxelles, 10/11/2011 (Agence Europe) - Le transport est un des seuls secteurs dont les émissions de CO2 continuent à grimper. C'est un sujet de préoccupation constant pour les membres de la commission parlementaire en charge du transport et du tourisme (TRAN). Ils ont donc interpellé Connie Hedegaard, la commissaire européenne en charge de l'action pour le climat, qui a précisé quelles étaient ses ambitions en matière de transport lors d'une audition jeudi 10 novembre. Elle a surtout dû fournir des explications sur la cabale internationale qui vise le système d'échange de quotas d'émissions (Emission trading scheme - ETS) qui sera appliqué à l'aviation dans 2 mois.

CO2 du maritime. Pour Mme Hedegaard, « la réduction des gaz à effet de serre dans le transport est un aspect essentiel de notre stratégie climatique. Continuer comme nous le faisons, 'business as usual', n'est pas une option réaliste, des réductions seront indispensables par tous les acteurs du transport », a-t-elle lancé. La Commission examine surtout le maritime, elle a pour cela rencontré récemment le commissaire européen Siim Kallas en charge du transport (EUROPE n° 10491). Si l'Organisation maritime internationale ne fait pas de propositions concrètes d'ici la fin de l'année pour avoir une approche globale sur le sujet, alors l'UE fera bande à part et prendra seule l'initiative d'instaurer des objectifs de réduction. Des propositions pourraient être faites dès l'année prochaine par la Commission européenne, après une analyse d'impact, bien que la préférence aille pourtant à une solution à l'échelle mondiale, a regretté la commissaire.

… et de la flotte automobile. Un autre cheval de bataille pour Mme Hedegaard est de continuer à faire pression sur le secteur automobile pour diminuer les émissions des véhicules. Elle est encouragée par le fait que les législations précédentes ont déjà prouvé leur efficacité. En effet, la commissaire n'a pas manqué de rappeler que les objectifs fixés à l'industrie automobile pour 2015 seront déjà atteints par certains producteurs en 2012. « Les émissions de CO2 des voitures particulières diminuent désormais davantage depuis l'introduction de normes CO2 d'efficacité obligatoires, et la tendance positive, je suis fière de le dire, continue ». Il faut surtout viser les poids lourds qui comptent pour 26% des émissions de la route et pour 5% des émissions totales de l'UE, assure-t-elle. Tenue par le fait qu'« en l'absence d'actions vigoureuses, les émissions de CO2 continueront de croître, même avec des camions plus efficaces en matière de carburant », elle a l'intention de préparer une stratégie plus spécifique et complète pour les poids lourds et les bus en 2013.

Crispation sur l'ETS. Mais c'est surtout l'ETS imposé à l'aviation qui a enflammé les parlementaires, après une mise au point faite par la commissaire. Celle-ci a minimisé les coûts que le système pourrait engendrer et répéter que l'UE ne reviendrait pas sur sa décision, mais tenterait au contraire de rallier d'autres pays à sa cause. Les eurodéputés verts, tels que Michael Cramer (allemand) et Isabelle Durant (belge) ont dit rester de fervents supporters de l'application à l'aviation. Said El Khadraoui (S&D, belge) et Christine De Veyrac (PPE, française) ont quant à eux posé la question des négociations avec les partenaires tiers qui ne souhaitent pas se soumettre à la législation européenne, à deux mois de son entrée en vigueur. Mais ce sont les conservateurs britanniques qui ont tenu un discours virulent à l'encontre de l'entrée de l'aviation dans le système ETS, alors que l'Europe s'enfonce dans la crise. Jacqueline Foster (ECR, britannique) a lancé à Mme Hedegaard qu'elle « croyait à sa propre propagande ». L'eurodéputée s'insurge contre le caractère fiscal de la législation, l'imposition risquant de faire du tort à l'industrie de l'aviation, notamment britannique, et chère à la députée.

La commissaire a pris note des commentaires des députés, mais a aussi soulevé le fait qu'aucuns d'entre eux n'avait formulé de suggestions. Elle a défendu l'approche globale de la Commission visant la décarbonisation qui permettrait, par l'utilisation d'énergies renouvelables, la création d'emplois non délocalisables, et affranchirait l'Europe de sa dépendance, coûteuse, envers les carburants fossiles, fournis par les concurrents étrangers. (MD)

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