Bruxelles, 10/11/2011 (Agence Europe) - Après la commissaire Viviane Reding, le site de socialisation américain Facebook se trouve désormais dans le collimateur du Parlement européen, l'eurodéputée française Françoise Castex (S&D) ayant interpellé le 10 novembre la Commission européenne dans une question écrite sur la conformité du géant américain avec les lois européennes de protection des données personnelles.
Rapporteur sur la future révision de la directive de 1995, la députée s'inquiète que « Facebook conserve sur le long terme les données de ses utilisateurs sans que ces derniers ne puissent donner leur consentement explicite à cette utilisation de leurs données, contrairement à ce que prévoit la directive européenne sur la protection de la vie privée ».
Dans sa question écrite, elle demande ainsi à la Commission européenne ce qu'elle prévoit de faire afin de renforcer la protection des utilisateurs des réseaux sociaux et de s'assurer du respect du droit de l'Union européenne dans ce domaine.
Selon Françoise Castex, « pour chaque citoyen européen, garder la maîtrise de ses données personnelles devrait être un droit fondamental. Or, les utilisateurs de Facebook ne sont pas clairement informés des données recueillies, de la finalité de la collecte, des risques et des recours possibles. Force est de constater que le droit à l'oubli est loin d'être effectif! », dit-elle dans un communiqué.
Une préoccupation que partage Mme Reding qui a clairement signifié lundi 7 novembre, en compagnie de la ministre allemande de la Protection des consommateurs, que toutes les entreprises étrangères adressant des services aux consommateurs européens devront se plier aux règles européennes. Cela inclut le droit à l'oubli, le droit de donner son consentement pour l'utilisation de ses données ou encore le droit de les corriger quand elles sont mal utilisées. Les propositions de révision, attendues fin janvier 2012, doivent renforcer tous ces aspects y compris le principe de consentement de l'internaute, déjà présent dans le texte de 1995 mais peu respecté. (SP)