Bruxelles, 10/11/2011 (Agence Europe) - Le Président de la République hellénique Karolos Papoulias a chargé Lucas Papademos, jeudi 10 novembre, de former un gouvernement de coalition nationale. Ce gouvernement intérimaire aura pour objectif de négocier avec ses bailleurs de fonds internationaux la mise en place du 2ème sauvetage grec sur la base de l'accord marqué fin octobre par le sommet de l'Eurozone (EUROPE n°10483). « Il a été convenu que l'objectif du nouveau gouvernement est de mettre en œuvre les décisions liées au sommet du 26 octobre ainsi que la politique économique inhérente à ces décisions », a déclaré M. Papoulias, à l'issue d'une réunion de plus de cinq heures avec les principaux partis politiques grecs.
M. Papademos aurait demandé aux leaders du parti socialiste, le Premier ministre démissionnaire Georges Papandréou, et du parti conservateur 'Nouvelle Démocratie' Antonis Samaras de soutenir par écrit les modalités du 2ème sauvetage grec, comme le réclame l'Eurogroupe (EUROPE n°10491), rapporte l'agence Dow Jones. Ce plan prévoit une aide publique de 130 milliards d'euros et une participation 'volontaire' du secteur privé à hauteur de 100 milliards (décote de 50% sur les titres grecs). L'ancien vice-président de la BCE plaiderait aussi pour un report des élections législatives prévues pour la mi-février.
L'accord sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale ouvre « un nouveau chapitre pour la Grèce », déclarent conjointement les présidents du Conseil européen M. Van Rompuy et de la Commission européenne M. Durão Barroso. Selon eux, « il est important que le nouveau gouvernement grec envoie un message fort et allant au-delà des intérêts partisans afin de rassurer les partenaires européens sur sa volonté de tout faire pour réduire fortement la dette grecque ». Ils soulignent l'ampleur de la tâche à venir, à commencer par la finalisation, d'ici fin 2011, du programme d'échange de dette avec les investisseurs privés.
Selon les prévisions de croissance de la Commission européenne (voir autre nouvelle), la récession sévira toujours en Grèce en 2012 avec une contraction du PIB national de 2,8%. Le déficit grec devrait être ramené de 8,9% à 7% du PIB national, tandis que la dette explosera, passant de 162,8% à 198,5% du PIB. Le chômage continuera à augmenter, touchant 18,4% de la population active. (MB)