Bruxelles, 10/11/2011 (Agence Europe) - Combien encore de chiffres alarmants faudra t-il au monde pour comprendre qu'il doit opérer sa mutation vers une économie sans carbone, a demandé mercredi Connie Hedegaard, Commissaire à l'Action pour le climat. Ce cri du cœur, elle l'a lancé à la publication du dernier rapport annuel de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) « World Energy outlook 2011 » montrant qu'en dépit de la crise économique c'est à une hausse constante de la demande mondiale de pétrole que s'attend l'AIE - une hausse de 14% d'ici à 2035 avec une envolée du prix du baril à 120 dollars.
« Le rapport annuel 2011 de l'AIE montre que le monde s'enferme dans une logique de combustibles fossiles. C'est une nouvelle exhortation à opérer d'urgence la mutation vers une économie sobre en carbone en utilisant tous les bons incitants: la tarification du carbone, la réduction des subventions aux combustibles fossiles, davantage d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique et une fiscalité intelligente. En Europe nous avons des politiques climatiques spécifiques, des objectifs contraignants tant pour la réduction des émissions de CO2 que les renouvelables et un prix du carbone. Et nos résultats ont donné tort à ceux qui prétendent que les réductions d'émissions ne peuvent s'opérer sans sacrifier l'économie », a affirmé la commissaire.
Un message on ne peut plus clair à l'adresse des économies majeures comme les États-Unis et les pays émergents qui, pour l'heure, n'ont pris aucun engagement contraignant pour la réduction de leurs émissions de CO2 à l'horizon 2020 et dont Mme Hedegaard espère bien « qu'ils auront lu ce rapport important avant de partir pour Durban ». (AN)