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Bulletin Quotidien Europe N° 10463
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Économie

Feu vert de l'Allemagne à un fonds de sauvetage renforcé

Bruxelles, 29/09/2011 (Agence Europe) - Le Bundestag allemand a approuvé, jeudi 29 septembre, l'augmentation à 440 milliards d'euros de la force de frappe de la Facilité EFSF ainsi qu'une flexibilisation de la compétence du fonds européen de sauvetage provisoire. Angela Merkel a réussi à réunir un soutien suffisant dans le camp chrétien-démocrate et libéral. Obtenant 'la majorité de la chancelière' par une poignée de voix, elle n'a pas eu besoin de celles de l'opposition pour faire adopter la réforme. L'opposition de gauche était acquise depuis longtemps à une augmentation de la capacité effective de prêt de l'EFSF et à l'octroi de compétences accrues. Une fois bouclé le processus de ratification nationale, le fonds de sauvetage sera en mesure de racheter des titres de dette souveraine de pays en difficulté. Il sera aussi habilité à prêter à un pays ne faisant pas l'objet d'un programme pour que celui-ci soutienne son système bancaire.

Lors du débat précédant le vote, plusieurs parlementaires allemands ont pressé le ministre allemand des Finances de s'exprimer sur d'éventuelles discussions relatives à un renforcement ultérieur du fonds européen de sauvetage. « Rien ne sera dissimulé ou caché », a assuré M. Wolfgang Schäuble. Il a rappelé que les lignes directrices, qui détermineront précisément le fonctionnement du fonds, devront recueillir l'approbation du parlement allemand. Lors des réunions annuelles des organisations financières internationales à Washington, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a estimé que l'EFSF pourrait être musclé davantage par le biais de techniques d'endettement à effet de levier (leverage).

La Commission européenne accueille favorablement l'approbation en Allemagne d'un fonds de sauvetage renforcé, a déclaré jeudi le porte-parole de M. Rehn. Hier, il s'agissait de la Finlande, et le jour avant de la Slovénie, a-t-il ajouté. À ce jour, onze États membres (Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Portugal, Slovénie) ont ratifié les décisions prises fin juillet lors du sommet de la zone euro. Tous les regards sont désormais tournés vers la Slovaquie, où le gouvernement fait face à une fronde du parti libéral SaS, membre de la coalition gouvernementale, et qui fait campagne contre un accroissement des capacités du fonds européen de sauvetage. M. Rehn espère quand même que le processus de ratification sera bouclé « autour de la mi-octobre ».

Gouvernance économique. Au lendemain du discours de M. Barroso sur l'État de l'Union (EUROPE n°10462), une porte-parole du président de la Commission européenne a tenu à dissiper les doutes sur la compatibilité entre la vision de M. Barroso et celle prônée par le couple Merkel-Sarkozy sur le renforcement de la gouvernance économique. « Il n'y a pas de contradiction » entre l'idée franco-allemande d'organiser des sommets réguliers de l'Eurozone et le refus de M. Barroso de créer des institutions parallèles, a-t-elle assuré. Outre l'organisation de sommets réguliers, Berlin et Paris proposent aussi que le président du Conseil européen Herman Van Rompuy préside la zone euro. Une façon de matérialiser le gouvernement économique de la zone, une idée chère à la France. Devant des eurodéputés approbateurs, M. Barroso a pris la défense de la méthode communautaire contre l'intergouvernementalisme. Il a aussi clairement dit que « la Commission (était) le gouvernement économique de l'Union ». Et, selon sa porte-parole, la tenue de sommets réguliers de l'Eurozone constitue « un élément de gouvernance » qui ne peut remplacer « au jour le jour » le rôle essentiel de la Commission pour gouverner la zone euro. (MB)

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