Bruxelles, 29/09/2011 (Agence Europe) - Une baisse des salaires et une austérité budgétaire brutale qui engendrera du chômage et de la pauvreté, ce sont les menaces qui pèsent, selon la Confédération européenne des syndicats (CES), sur les États membres de l'UE après l'adoption par le Parlement européen, mercredi 28 septembre à Strasbourg, du paquet sur la gouvernance économique (appelé également 'six-pack').
Les six mesures législatives qui visent à renforcer le Pacte de stabilité (instrument fondamental de la monnaie unique) sont jugées « très imparfaites » par la CES qui évoque une « gouvernance d'austérité et de répression salariale », selon un communiqué publié mercredi 28 septembre.
Les raisons invoquées sont celles d'une mauvaise approche globale de la crise. En visant les symptômes du problème, c'est-à-dire la dette publique et les déficits budgétaires, les mesures adoptées ne s'attaqueraient pas aux causes profondes, à savoir la dérégulation financière et la spéculation. Cela engendre une double inquiétude. D'une part, les solutions proposées actuellement ne vont pas résoudre un problème qui est structurel et par conséquent qui risque de perdurer tout en engendrant plus de dégâts aux niveaux économique et social. D'autre part, se focaliser sur l'équilibre budgétaire des États membres, c'est nuire à la relance économique en faisant planer au-dessus de la zone euro le risque d'une déflation. Travail précaire et baisse des salaires n'étant finalement qu'un faible aperçu des conséquences d'une gouvernance économique axée principalement sur le contrôle et des procédures automatisées de sanction.
« Ce paquet sur la gouvernance économique risque d'entraîner l'économie européenne sur la voie de la dépression et d'engendrer des inégalités intolérables », a affirmé Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES, après le vote du PE.
Pour contrer une approche fondée uniquement sur l'austérité, la CES propose à son tour un paquet de six mesures pour une « gouvernance de la relance et de l'équité »: - création d'euro-obligations et d'une Banque européenne de la dette pour une Europe réellement solidaire ; -plan d'investissement européen pour favoriser la relance de l'économie ; - lutte contre les contrats d'emploi précaire ; - taxe sur les transactions financières et taxer de manière uniforme les bénéfices des entreprises dans l'UE ; - fin des paradis fiscaux et de l'évasion fiscale ; - systèmes d'imposition équitables. (JK)