Bruxelles, 29/09/2011 (Agence Europe) - La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström, et les eurodéputés ont, mercredi soir 28 septembre à Strasbourg, demandé aux États membres d'accueillir chez eux davantage de réfugiés de guerre, notamment de Libye, toujours bloqués à la frontière tunisienne, cela dans le cadre de leurs programmes de réinstallation.
En juillet, une délégation de six eurodéputés, tous partis confondus, s'était rendue sur place et avait visité des camps de réfugiés, s'alarmant déjà de la faible réponse donnée par l'UE. Lors du débat strasbourgeois consécutif à cette visite, les députés ont à nouveau sommé les 27 d'accepter d'abriter sur leur sol ces réfugiés, qui étaient encore 4 425 en août selon les chiffres du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Jusqu'à présent, a rappelé Mme Malmström, 7 États membres ont accepté de réinstaller des réfugiés (l'Irlande, l'Espagne, le Portugal, la Suède, la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas), 700 places ayant été offertes jusqu'ici. Mais « on sait que les besoins sont plus élevés », a dit la commissaire, rappelant également que la « marge d'action de la Commission est limitée » et que « la décision reste entre les mains des États ». La commissaire a ainsi proposé aux 27 de débloquer davantage de fonds européens « pour les encourager » à accueillir plus de personnes.
Les députés ont quant à eux déploré le fait que l'UE ne se montre pas à la hauteur de ses promesses d'accompagnement du 'printemps arabe', notamment vis-à-vis de la Tunisie qui a elle accepté d'abriter un grand nombre de réfugiés. Certains députés ont également condamné le refus de la France et du Royaume-Uni d'activer leurs programmes de réinstallation pour ces réfugiés alors que ces deux pays ont été à l'initiative de l'offensive internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi. Pour rappel, selon des chiffres de la Commission, en 2010, l'UE avait accueilli 5 000 personnes au titre de la 'réinstallation' contre 75 000 aux États-Unis, à titre d'exemple, le Canada et la Norvège accueillant également un plus grand nombre de réfugiés que les États membres. (SP)