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Bulletin Quotidien Europe N° 10399
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/Éducation

Les députés méfiants vis-à-vis d'un programme unique

Bruxelles, 16/06/2011 (Agence Europe) - Les députés de la commission éducation et culture du Parlement européen s'inquiètent du remaniement envisagé par la commissaire Androulla Vassiliou, responsable de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse, pour les programmes existants en matière d'éducation, de formation et de jeunesse. S'exprimant devant la commission parlementaire lors d'un échange de vues, la commissaire a dressé un panorama des actions et des réformes qu'elle compte engager pour l'ensemble des programmes pluriannuels afin de les rendre plus efficaces et de permettre à ceux qui en bénéficient d'en tirer le meilleur parti. Des réformes indispensables dans le cadre des conditions économiques difficiles actuelles où les budgets sont limités, a souligné la commissaire.

En matière d'éducation et de jeunesse, Androulla Vassiliou proposera à l'automne prochain de fusionner en un seul cadre les programmes d'éducation, de formation et de jeunesse. Ces programmes fonctionnent actuellement de manière indépendante, sans interaction. Un « patchwork » qui risque de desservir nos objectifs à long terme, souligne la commissaire. Pour elle, le futur programme « éducation, formation et jeunesse » devra servir trois objectifs: 1) l'apprentissage dans un cadre de mobilité accrue ; 2) des réformes politiques au niveau européen, en relation avec les pays tiers (par exemple la modernisation des universités) ; 3) la coopération et des partenariats entre les institutions responsables de l'éducation et les autres parties prenantes (dialogue universités-entreprises). « Ces trois actions sont complémentaires ; elles se renforcent l'une l'autre. Pour être plus efficaces, elles devraient faire l'objet d'un seul programme (…) Un programme unique garantira que tout ce que l'on fait contribue à la stratégie EUROPE 2020, à nos objectifs en matière d'éducation, à la modernisation de l'enseignement supérieur et à notre stratégie en matière de jeunesse », a défendu la commissaire. Mme Vassiliou a également parlé d'un nouvel instrument de financement pour ce programme unique, destiné à aider les étudiants en master qui désirent étudier dans un autre pays européen. Il s'agirait d'un système de garantie financé par l'UE avec le soutien de la BEI destiné à encourager les banques à accorder des prêts à ces étudiants. La commissaire s'est montrée également préoccupée par la situation des jeunes, plus que jamais touchés par le chômage, et dont la frustration légitime risque de déboucher sur une méfiance et un rejet des institutions. « Notre démocratie est remise en cause. Nous devons considérer cela comme un avertissement. Il est temps d'agir. C'est pourquoi je pense que l'éducation a besoin de trouver une nouvelle place dans les politiques de l'Union européenne et le budget », estime la commissaire.

Pour les programmes Culture et Médias, ceux-ci poursuivront les objectifs qui leur sont propres, disposeront de leur propre budget et seront développés selon leurs propres besoins, assure Androulla Vassiliou. La commissaire réfléchit également à un soutien spécifique pour les industries culturelles et créatives qui pâtissent de problèmes structurels et d'un manque récurrent de financements. « L'idée serait de donner des garanties aux banques. Ces garanties couvriraient partiellement des prêts qui vont aux bénéficiaires finaux », a-t-elle expliqué. Enfin, en matière de sport, la commissaire souhaite la création d'un programme spécifique qui respecte la nature du sport, en dépit d'un budget limité. Elle poursuivra par ailleurs, les contacts avec toutes les parties prenantes pour lutter contre les paris illégaux, le trucage des matches et toutes les formes de corruption. « Dans deux semaines, la Commission adoptera ses propositions pour le prochain cadre financier pluriannuel (…). J'ai déployé toute mon énergie pour argumenter afin de disposer d'un budget correct pour l'éducation et la culture. L'UE a d'importants objectifs dans sa stratégie 2020 et maintenant, il faut nous donner les moyens de les atteindre », a averti la commissaire.

Dans leurs questions, de très nombreux députés (la présidente de la commission Doris Pack (PPE, allemande), Marco Scurria (PPE, italien), Sabine Verheyen (PPE, allemande), Helga Trüpel (Verts/ALE, allemande), Morten Løkkegaard (ADLE, danois), Petra Kammerevert (S-D, allemande), Emma McClarkin (ECR, britannique), Chrysoula Paliadeli (S-D, grecque), Silvia Costa (S-D, italienne), se sont montrés méfiants vis-à-vis d'un programme unique pour l'éducation, la formation et la jeunesse et ont posé de nombreuses questions touchant au fonctionnement et au financement de ce programme. La création d'un éventuel programme sport a également soulevé des questions, notamment à propos du financement et de la crédibilité de ce programme, Santiago Fisas Ayxela (PPE, espagnol), Hannu Takkula (ADLE, finlandais). (I.L.)

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