Bruxelles, 16/06/2011 (Agence Europe) - Parer au plus pressé. Avec l'accord du FMI, les Européens débloqueront, dimanche 19 juin, la 5ème tranche d'aide de 12 milliards d'euros afin de permettre à la Grèce d'éviter le défaut de paiement. D'ici à l'Eurogroupe du 11 juillet, ils continueront à négocier un deuxième sauvetage financier censé garantir les besoins financiers du pays à moyen terme, en étroite collaboration avec la BCE et le FMI. Sur place, la crise politique s'est aggravée avec l'absence de consensus politique sur les mesures additionnelles à adopter pour respecter les engagements budgétaires inscrits dans le programme grec et bénéficier d'une rallonge financière dépassant les 100 milliards d'euros. Une situation qui a provoqué de nouvelles tensions sur les marchés financiers et entraîné une baisse de la valeur de l'euro.
« Je suis confiant que, dimanche prochain, l'Eurogroupe sera en mesure de décider du versement, début juillet, de la 5ème tranche des prêts à la Grèce. (…) Dans le même contexte, l'Eurogroupe discutera, dimanche et lundi, du contenu et des conditions relatifs à un programme additionnel pour la Grèce, et de la nature de l'implication du secteur privé dans ce programme, en vue de prendre des décisions lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe le 11 juillet », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, jeudi 16 juin dans un communiqué. « Cela fut difficile, mais je crois fermement qu'avec cette approche en deux étapes, en accord avec le FMI, nous pouvons éviter un scénario catastrophe. Cela signifie que le financement de la dette souveraine grecque peut désormais être garantie jusqu'à septembre, tout en prenant en juillet des décisions pour le moyen terme, au-delà de septembre », a-t-il ajouté. Et de prévenir que « les prochains jours seront critiques pour la stabilité financière (…) en Grèce et en Europe ».
Insistant sur la nature « prudente » du commissaire, son porte-parole a évoqué la « démarche concertée » que mènent les Européens et le FMI. « Si M. Rehn s'exprime dans ces termes, c'est qu'il est confiant que les décisions seront prises », a-t-il indiqué. Le FMI conditionne le versement de sa contribution à une aide financière internationale à la garantie que le pays aidé soit en mesure d'honorer ses engagements financiers dans l'année qui suit le versement de l'aide. Une exception pourrait être accordée au patient grec en attente d'une perfusion de 12 milliards d'euros dont 3 milliards à la charge du FMI.
M. Rehn souligne qu'une part importante de la responsabilité de l'opération de sauvetage de la Grèce repose « sur les épaules des autorités grecques et de tous les partis politiques ». Il s'attend à ce que « le parlement grec endosse, d'ici fin juin, le programme de réforme économique » tel que ficelé par le gouvernement de Georges Papandreou (EUROPE n°10398). Tout en déplorant l'échec, mercredi, des efforts visant à créer « une unité nationale » sur la question. Un accord du parlement grec est « attendu », a souligné son porte-parole. Cela passe par l'acceptation des principaux objectifs du programme par les partis d'opposition de droite, surtout le parti Néa Dimokratía d'Antonís Samarás, et par une partie des députés socialistes grecs hostiles à de nouvelles mesures d'austérité. « Si c'est possible au Portugal et en Irlande, pourquoi cela ne le serait pas en Grèce ? », s'est déjà interrogé M. Rehn. « Il n'y a pas de plan B », a considéré son porte-parole, en refusant d'évoquer l'hypothèse où le parlement grec rejetterait les mesures.
Au lendemain d'une grève générale particulièrement suivie et émaillée d'affrontements avec les forces de l'ordre, M. Papandreou préparait, jeudi, un remaniement gouvernemental. Un vote de confiance à la nouvelle équipe aura lieu mardi. Le gouvernement socialiste dispose encore de la majorité absolue au parlement national pour une poignée de voix, malgré la défection récente de deux députés socialistes. (M.B.)