Bruxelles, 08/12/2010 (Agence Europe) - L'externalisation de la politique d'asile européenne en Libye suscite de « vives inquiétudes », selon la Fédération syndicale européenne des services publics (EPSU). « Externaliser notre devoir international en matière d'asile n'est certainement pas la réponse, que ce soit en Libye ou dans n'importe quel autre pays ne respectant pas ses obligations internationales », a indiqué mardi la secrétaire générale de l'EPSU Carola Fischbach-Pyttel, après une réunion du comité exécutif de sa fédération. « Nous avons besoin de plus d'investissements dans les services publics afin que les demandes d'asile puissent être traitées correctement, et pas de mesures qui nous permettent de nous défausser de nos responsabilités », a-t-elle ajouté. Le comité exécutif de l'EPSU dénonce notamment l'accord intervenu le 4 octobre entre l'UE et la Libye sur la coopération en matière d'immigration et d'asile. Cet accord traite notamment de la coopération bilatérale relative au contrôle de l'immigration clandestine et de la possible réadmission des ressortissants de pays tiers qui ont transité par la Libye pour rejoindre l'Europe. L'UE s'engage aussi à aider Tripoli dans le développement de ses capacités de contrôles aux frontières et dans l'identification des personnes nécessitant une protection internationale. En outre, l'EPSU souligne que l'accord mentionne « vaguement » la charge que représentent les réfugiés reconnus et des demandeurs d'asile déboutés. Dans le cadre d'une coopération plus large avec la Libye, un budget de 60 millions d'euros a été prévu pour la période 2011-2013. (B.C.)