Bruxelles, 08/12/2010 (Agence Europe) - Les résultats de la dernière étude PISA (Programme international de l'OCDE pour le suivi des acquis des élèves) montrent une légère amélioration des systèmes éducatifs de l'UE pour les critères analysés par rapport à 2006, en particulier pour ce qui concerne la compréhension à la lecture. La Finlande se distingue en se classant troisième derrière Shanghai (Chine) et la Corée. L'étude PISA est un excellent baromètre pour évaluer la santé des systèmes d'enseignement européens par rapport à ceux du monde développé, permettant aux États membres de définir précisément les critères sur lesquels ils doivent travailler pour viser l'excellence. « En exposant les faiblesses des systèmes d'éducation et en illustrant ce qui peut marcher, l'enquête peut nous aider à mettre la barre plus haut en Europe. Il est évident qu'en investissant dans le secteur de l'éducation et en faisant un meilleur usage des ressources, les meilleurs élèves sécurisent leur future croissance économique », a déclaré la commissaire à l'Éducation Androulla Vassiliou.
PISA est une enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 30 pays membres de l'OCDE et dans les 27 pays partenaires. Elle évalue l'acquisition de savoirs et savoir-faire essentiels au terme de la scolarité obligatoire. Les tests portent sur la lecture, les mathématiques et les sciences. Les ministres de l'Éducation de l'UE accordent une grande importance aux résultats PISA car ils leur permettent de se situer par rapport aux autres systèmes éducatifs et, surtout, d'évaluer les niveaux des élèves en matière de compétences à la lecture, en mathématiques et en sciences. En effet, le cadre stratégique de la coopération européenne en matière scolaire se donne pour objectif de ramener le nombre de personnes ayant une maîtrise insuffisante des compétences de base en particulier en lecture, en mathématiques et en sciences, à un niveau inférieur à 15% en 2020, dans le cadre des priorités en matière d'éducation pour alimenter la stratégie EUROPE 2020.
Excellents résultats pour la Finlande. La Commission se réjouit des excellents résultats atteints par la Finlande dans l'étude PISA, qui confirment que l'Europe peut atteindre l'excellence. Toutefois, beaucoup reste à faire globalement pour assurer aux enfants le meilleur niveau d'étude possible. Un défi d'autant plus grand vu l'émergence de nouveaux pôles d'excellence en Asie. PISA montre néanmoins des résultats encourageants pour certains pays européens, en particulier la Pologne, la Grèce, le Portugal, l'Italie, l'Espagne, la Roumanie et la Bulgarie qui ont amélioré leur niveau par rapport à 2006.
Grosses disparités entre États membres. Ces résultats encourageants ne peuvent toutefois pas masquer le fossé qui persiste entre les systèmes, les écoles et le niveau des élèves d'un pays à l'autre. Même si la part des élèves qui obtiennent des mauvais résultats en matière de maîtrise de la langue maternelle décroît lentement, cette part est toujours trop importante et très différente d'un État membre à l'autre, le taux le plus bas s'établissant à 10% et le plus élevé à 40%.
Vers l'éducation inclusive et des programmes de grande qualité. En conclusion, les résultats de la Finlande et d'autres pays d'excellence montrent que les politiques qui promeuvent l'éducation inclusive peuvent aussi avoir des effets positifs sur les objectifs généraux en matière d'éducation, souligne la Commission. Ils montrent également qu'investir dans des programmes d'étude de haute qualité et dans la formation des enseignants peut améliorer de manière significative les performances de nos écoles.
Globalement, l'étude PISA montre que: 1) Shanghai/Chine, la Finlande, la Corée, Hong-Kong/Chine, Singapour, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Japon réalisent les meilleures performances ; 2) Shanghai, qui a pris part pour la première fois à l'évaluation, se classe d'emblée en tête pour les meilleurs résultats en matière de compréhension à la lecture. Par ailleurs, plus de 25% des jeunes de cette région ont fait preuve de capacités poussées en mathématiques contre 3% pour l'ensemble des pays de l'OCDE ;
3) certains pays ont enregistré des progrès importants en compréhension à la lecture, en particulier le Chili, Israël et la Pologne, mais aussi le Portugal, la Corée, la Hongrie et l'Allemagne ; 4) en mathématiques, le Mexique, la Turquie, la Grèce, le Portugal, l'Italie et l'Allemagne ont connu de rapides améliorations ; 5) en sciences, c'est en Turquie, au Portugal, en Corée, en Italie, en Norvège, aux États-Unis et en Pologne que les résultats ont le plus progressé ; 6) les filles lisent généralement mieux que les garçons dans tous les pays. Un écart qui ne s'est pas comblé depuis 2006 et s'est même creusé dans certains pays ; 7) les meilleurs systèmes scolaires sont aussi les plus équitables (les élèves obtiennent de bons résultats quel que soit leur milieu socio-économique d'origine) ; les systèmes les plus performants privilégient le salaire des enseignants avant une réduction de la taille des classes ; 8) les systèmes très performants sont ceux qui permettent aux établissements de concevoir leurs programmes et de définir des politiques d'évaluation ;
9) les établissements appliquant une discipline stricte avec de bons rapports enseignants-élèves sont ceux qui obtiennent les meilleurs résultats en compréhension à la lecture ; 10) les établissements publics et privés obtiennent des résultats comparables ; 11) l'association d'une autonomie au plan local et d'une responsabilisation effective produit les meilleurs résultats. (I.L.)