Bruxelles, 08/12/2010 (Agence Europe) - À Cancún, les appels au sursaut se multiplient. Et pour cause, à trois jours de sa clôture, la conférence climatique onusienne (COP 16, 29 novembre-10 décembre), entrée mardi dans sa dernière ligne droite, bute toujours sur deux questions majeures: le sort à réserver au Protocole de Kyoto après 2013, et la procédure de vérification des engagements qui oppose les États-Unis et la Chine.
« Je suis très préoccupé par le fait que les efforts ont été jusqu'ici insuffisants. Tous les pays doivent faire plus », a déclaré Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU à l'ouverture du segment ministériel de la COP. Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, a enfoncé le clou. « Bien que l'UE ait été prête, dès Copenhague, à s'engager dans un accord international contraignant - et le demeure - nous savons tous qu'ici à Cancún nous ne pouvons pas tout obtenir. Mais il est absolument impératif que nous livrions quelque chose. Quelque chose de substantiel. Quelque chose qui mène à l'action immédiate », a martelé la commissaire. Évoquant « les familles inondées au Pakistan, les agriculteurs au Mali aux prises avec la désertification et la sécheresse, les villageois arabes souffrant de pénuries d'eau », Mme Hedegaard a ajouté: « Nous leur devons, et nous devons à tous les autres citoyens du monde pour qui le changement climatique est déjà un lot quotidien, de terminer cette semaine avec une jeu de décisions qui mette le monde sur la voie d'un avenir durable et d'une croissance plus propre et plus verte ».
Le Japon, la Russie et le Canada s'obstinent à refuser toute prolongation du Protocole de Kyoto, seul traité juridiquement contraignant à ce jour, tandis que l'Inde exige une deuxième période d'engagement. Quant aux États-Unis, qui ont « tourné le dos au Protocole de Kyoto, ils recherchent la formulation la plus faible dans tout texte qui les contraindraient à l'action pour l'avenir », déplore l'eurodéputée Bairbre de Brun, (GUE/NGL, irlandaise). Elle aussi avertit: « Il est positif que les discussions à Cancún aient débuté d'une manière plus positive et constructive que l'an dernier à Copenhague, mais la COP 16 sera jugée à sa capacité ou non à adopter des décisions concrètes porteuses pour les populations des pays pauvres ». Aussi appelle-t- elle les pays industrialisés à s'engager sur des objectifs de réduction de leurs émissions beaucoup plus ambitieux pour combler le fossé entre les actions promises et les actions jugées nécessaires par la science. Le respect du calendrier pour le financement rapide en faveur des pays en développement et la création d'un nouveau fonds sous l'égide de l'ONU sont, à son avis, deux autres conditions sine qua non. (A.N.)