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Bulletin Quotidien Europe N° 10267
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/bce

Trichet, les efforts menés par les États membres sont sous-estimés

Bruxelles, 30/11/2010 (Agence Europe) - Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a déclaré que les marchés financiers sous-estimaient de manière « flagrante » la détermination des pays membres de la zone euro à consolider leurs finances publiques, mardi 30 novembre devant les députés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. « Ce n'est pas nouveau », a-t-il noté. En réponse à une question de Jean-Paul Gauzès (PPE, français), il a estimé que la stabilité financière de l'Eurozone faisait certes face à des « difficultés » mais qu'elle n'est pas mise en cause « de manière grave ».

Selon le président de la BCE, plusieurs éléments étayent cette sous-estimation des efforts par les marchés: - tous les États membres mènent des programmes de réajustement budgétaire, sachant qu'au niveau macro-économique la zone euro est mieux lotie que d'autres partenaires (ex: en 2011, le déficit public moyen serait de 4,6% dans la zone euro et de 8,9% aux États-Unis et au Japon) ; - l'économie européenne est plus dynamique que prévu depuis le retour de croissance ; - des instruments de gestion de crise financière ont été mis en place et fonctionnent (la Facilité « EFSF » pour aider l'Irlande, le Mécanisme « EFSM » pour la Grèce).

ESM. M. Trichet a salué « la clarification utile » apportée par l'Eurogroupe concernant la participation des créanciers privés au futur Mécanisme de stabilité financière conformément aux règles du FMI (EUROPE n°10266). « Les Européens ont, ni plus ni moins, les règles qui existent au niveau mondial », a-t-il constaté, soulagé que « l'ambiguïté qui durait depuis un mois » ait été levée. À Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge) qui critiquait la réticence de la BCE à impliquer a priori le secteur privé au coût de restructuration d'une dette souveraine, le président de la Banque de Francfort a répondu avec fermeté: si on dit aux investisseurs qui sont « longs », c'est-à-dire qui détiennent leurs titres de dette sur une longue période, qu'ils doivent perdre de l'argent et à ceux qui sont « courts », et donc contre vous, qu'ils gagneront de l'argent, « on ne joue pas en faveur de la stabilité » financière.

Gouvernance économique. Le président de la BCE a par ailleurs lancé un appel au PE pour qu'il fasse preuve d'« ambition » dans les négociations portant sur la réforme de la gouvernance économique en Europe. Évoquant la nécessité d'aboutir à « une quasi-fédération budgétaire », il a plaidé pour des sanctions plus rapides pour les pays de la zone euro qui enfreindraient les règles de surveillance macro-économique, ainsi qu'une trajectoire plus ferme en matière de réduction de la dette publique. Il a en revanche douté de l'idée avancée par Sylvie Goulard (ADLE, française) de réintroduire dans le paquet « gouvernance économique » les questions liées à la gestion de la crise de la dette souveraine libellée en euro. Puisqu'il a été « tellement difficile d'avoir une clarification » sur l'ESM, ne rouvrons pas « la boîte de Pandore », a-t-il indiqué. (M.B.)

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