Bruxelles, 30/11/2010 (Agence Europe) - Plus de croissance et un environnement sain. C'est non seulement possible mais le moyen incontournable pour l'UE de réduire les pressions grandissantes sur les ressources naturelles et de s'orienter vers une croissance verte, durable et créatrice d'emplois dans un monde de plus en plus interdépendant affecté par le changement climatique et menacé de risques futurs plus importants pour les écosystèmes. Le quatrième rapport sur l'état de l'environnement en Europe (The European Environment - State and Outlook 2010) publié mardi par l'Agence européenne de l'Environnement (AEE) en fait la démonstration. Il procède à l'analyse détaillée des changements qui affectent l'environnement européen et montre que l'augmentation de la demande mondiale en ressources naturelles pour nourrir, vêtir, loger et transporter les populations s'accélère. Un phénomène qui pèse sur les écosystèmes, les économies et la cohésion sociale en Europe et dans d'autres parties du monde, et appelle, selon l'AEE, à une approche véritablement intégrée pour assurer la conversion complète de l'Europe en une économie verte utilisant efficacement les ressources. Jacqueline McGlade, directrice de l'AEE, a souligné devant la presse à Bruxelles que l'interconnexion des risques et l'augmentation des vulnérabilités sont à l'origine d'une instabilité des écosystèmes. La législation environnementale n'est plus à même de répondre à la complexité et à la multiplicité des risques dont le changement climatique est le signe le plus visible, a-t-elle expliqué.
Pour Jerzy Buzek, président du Parlement européen, ce rapport publié à l'heure de la conférence climatique de Cancún « tombe à point nommé ». En l'absence de solution simple, législateurs, entreprises, citoyens doivent tous se mobiliser pour une utilisation plus efficace des ressources, a-t-il estimé. Joke Schauvliege, présidente en exercice du Conseil Environnement, s'est réjouie que soient mis en évidence les menaces que font peser les modes de production et de consommation sur les ressources naturelles, et leur impact sur l'eau, le climat, la biodiversité. « Ce rapport ne doit pas être rangé dans un tiroir mais utilisé comme une clé pour s'orienter vers une croissance verte, innovante et durable », a-t-elle averti. Janez Potoènik, commissaire à l'Environnement, a insisté sur « les conséquences économiques, sociales et environnementales de l'épuisement des ressources naturelles ». Selon lui, le rapport de l'AEE montre que les problèmes environnementaux « exigent une réponse systémique aux risques systémiques » qui passe par la mise en œuvre de la législation européenne, des politiques qui se complètent l'une l'autre, l'explication des impacts des modèles de consommation, l'intégration de l'efficacité des ressources dans toutes les politiques sectorielles. (A.N.)