Bruxelles, 30/11/2010 (Agence Europe) - Face à l'actuelle pénurie de matières premières, illustrée par les restrictions chinoises à l'exportation de terres rares, la Commission européenne prépare une stratégie pour garantir aux entreprises de l'UE l'approvisionnement en ressources vitales pour les industries de pointe. Son projet doit voir le jour en janvier 2011, mais il essuie déjà des critiques.
Si les métaux, le bois et les carburants sont la source de prospérité économique de l'Europe, leur approvisionnement s'essouffle. Les géologues avertissent depuis longtemps que certaines ressources naturelles deviennent rares et ne sont pas extraites en quantité suffisante. L'industrie, elle, fait face à la menace de sérieux déficits de production. Pour garantir l'approvisionnement, les services du commissaire à l'Industrie Antonio Tajani ont élaboré une « initiative pour les matières premières » qui repose notamment sur le recyclage des métaux présents dans les déchets d'équipements électriques et électroniques, le soutien aux entreprises actives dans l'extraction des matières premières par des prêts et garanties, et la coopération entre géologues européens et des pays en développement, mais aussi entre géologues européens pour une meilleure compréhension des propres ressources minérales de l'Europe. L'UE détiendrait en effet pour 100 milliards d'euros de ressources inexploitées, ce qu'il serait nécessaire d'évaluer par le biais des technologies par satellite. Lancé en 2009, le projet Promine de recherche de solutions alternatives pour les importations de métaux et minerais en Europe et d'encouragement à l'industrie extractive, pourrait se voir octroyer des fonds pour des projets sur des technologies souterraines avancées pour l'exploitation intelligente des mines, ou sur la substitution des matières premières critiques telles que les terres rares et les métaux du groupe platine. Enfin, la stratégie comporte une dimension extérieure, basée sur le renforcement des liens avec les pays tiers fournisseurs mais aussi sur un mécanisme de règlement des différends pour combattre les entraves aux échanges de ressources. La Commission prône des négociations avec l'Amérique du Sud, le Canada et l'Inde et le dialogue avec la Chine, la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Bélarus ou l'Azerbaïdjan. Avec l'Afrique, l'exécutif européen va plus loin, en proposant un partenariat pour traduire les richesses en ressources en croissance durable.
Cette stratégie, qui après plusieurs retards, devrait être rendue publique en janvier 2011, est déjà sous le feu des critiques, notamment du rapporteur au Parlement européen Reinhard Bütikofer (Verts). Pour le député allemand, « les éléments les plus importants en sont absents », comme un effort visant l'efficacité des ressources naturelles, tout comme leur utilisation plus économique. Ce dont le Japon a fait la priorité de sa stratégie pour les matières premières. M. Bütikofer estime aussi que la stratégie contient peu d'instruments pour aider à traiter la pénurie actuelle de métaux utilisés pour les produits high-tech. (E.H.)