Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - L'Irlande a officiellement présenté, mercredi 24 novembre, son programme quadriennal d'ajustement économique qui doit lui permettre de revenir, d'ici 2014, sous la barre des 3% de déficit public par rapport au PIB national. « La taille de la crise est telle qu'elle signifie que personne ne sera exempt d'une contribution », a déclaré le Premier ministre irlandais Brian Cowen, en soulignant que les mesures ont été décidées par le gouvernement irlandais et pas imposées de l'extérieur.
Destiné à économiser 15 milliards d'euros sur quatre ans, le programme quadriennal prévoit des coupes dans les dépenses à hauteur de 10 milliards d'euros et une augmentation des recettes de l'ordre de 5 milliards d'euros. Sur le volet « dépenses », sont prévues les mesures suivantes: - une réduction du salaire minimal (de 8,65 à 7,65 euros) ; - une diminution des prestations sociales (2,8 milliards d'euros d'économies d'ici 2014) ; - une diminution de la rémunération des fonctionnaires (moins 1,2 milliard d'ici 2014) ; - un retour du nombre de fonctionnaires au niveau de 2005 ; - des coupes supplémentaires de trois milliards d'euros dans les dépenses publiques ; - une hausse des coûts de scolarité pour les étudiants universitaires.
Taux d'imposition des sociétés inchangé. Sur le volet « fiscal », le gouvernement irlandais prévoit une augmentation du taux de taxe sur la valeur ajoutée (de 21% à 22% en 2013, puis de 22% à 23% en 2014). Sera également introduite une taxe foncière. En revanche, Dublin maintient à 12,5% son taux d'imposition des sociétés, considéré comme un des piliers de l'attractivité économique du pays.
Pour 2010, l'Irlande prévoit un endettement et un déficit publics situés respectivement à 95% et 11,7% du PIB. Selon la trajectoire préconisée, le déficit public passera à 9,1% en 2011, 7% en 2012, 5,5% en 2013 et 2,8% en 2014. La dette atteindra le pic de 102% du PIB en 2013. La croissance moyenne espérée entre 2010 et 2014 est de 2,75% du PIB.
Selon la presse irlandaise, l'aide financière conjointe UE/FMI atteindrait 85 milliards d'euros. Une partie de l'aide servira à injecter du capital dans le secteur bancaire national déjà pratiquement renationalisé. « Il est clair que dans ces négociations, nos partenaires européens nous disent que nous avons besoin de plus de capital aux banques, de plus d'actifs dans la « National Asset Management Agency » et de plus fortes garanties dans notre système bancaire », a déclaré le ministre irlandais des Finances Brian Lenihan. Mardi, l'agence Standard & Poor's a rabaissé d'un cran les notes attribuées à la dette de l'Irlande. (M.B.)