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Bulletin Quotidien Europe N° 10263
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/commission

Des critiques sur le programme de travail pour 2011

Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a présenté mardi 23 novembre au Parlement européen le programme de travail de la Commission pour 2011, dont il avait esquissé les grandes lignes dans son discours sur l'État de l'Union (EUROPE n° 10209 et EUROPE/Documents N° 2542).

Si Commission et Parlement sont largement d'accord sur les principaux objectifs (gouvernance économique, croissance intelligente, développement durable), les élus ont tenu évidement à exprimer aussi des réserves et des critiques. Pour plusieurs parlementaires, le programme ne fait pas assez pour réduire les inégalités sociales et résoudre les problèmes des travailleurs: ainsi, au sein du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda a réclamé une directive sur le détachement des travailleurs et au moins un début d'harmonisation des impôts sur les sociétés. Pour lui, le cas de l'Irlande, qui a attiré des investissements grâce à une législation fiscale favorable et qui vient demander de l'aide quand ça ne va plus, est un exemple des mauvais effets de trop grandes différences de taux. L'Allemande Evelyne Gebhardt, dans le même groupe, préconise une meilleure protection des services d'intérêt général et dit son « énervement » face à la multiplication des études sur les recours collectifs: il est temps de passer aux propositions concrètes. L'austérité n'est pas la réponse aux problèmes actuels, renchérit Patrick Le Hyaric (GUE/NGL, français): une meilleure redistribution de la richesse et une meilleure justice fiscale (avec la taxation des mouvements des capitaux) seraient pour lui des facteurs susceptibles de changer l'image de l'Europe aux yeux des citoyens.

Pour la co-présidente du groupe Verts/ALE, l'Allemande Rebecca Harms, on ne peut pas parler du programme de travail de la Commission sans parler des problèmes budgétaires et des cas de la Grèce et de l'Irlande: ces problèmes mettent en évidence les excès de libéralisme sur les marchés financiers et à quel point on est loin d'une solution de la crise. La stratégie UE 2020 devrait, selon le socialiste irlandais Proinsias de Rossa, être le cadre des négociations pour la solution des problèmes de son pays. Son compatriote Gay Mitchell (PPE) se dit choqué par le manque de générosité vis-à-vis des pays les plus pauvres.

Un certain nombre de parlementaires ont plaidé pour la mise en œuvre effective des recommandations du rapport Monti sur le marché intérieur, ce « joyau de la couronne de l'Union », selon le vice-président de la Commission, Maroš Šefèoviè, convaincu qu'il est possible de faire plus dans ce domaine si on libère tout le potentiel existant et si on tire partie de l'économie numérique. Conscient de l'importance de la dimension sociale, M. Šefèoviè a promis une proposition sur le détachement des travailleurs et sur le temps de travail. Il reconnaît aussi le danger de la fuite de cerveaux. Autre défi, la réduction de la charge administrative, de 20% d'ici 2020, selon les propositions de l'ancien commissaire Günther Verheugen ; mais la Commission voudrait même arriver à une réduction de 30%. Infrastructures, compétitivité, économie verte, ressources renouvelables, voici autant d'objectifs prioritaires pour la Commission, convaincue qu'un travail de qualité sera le meilleur argument contre les eurosceptiques. (L.G.)

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