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Bulletin Quotidien Europe N° 10263
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/onu climat

La position de l'UE pour Cancún en débat

Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - 'Il faut tirer les leçons de Copenhague'. À quelques jours de la conférence climatique mondiale de Cancún (COP16, 29 novembre-10 décembre), la phrase était sur toutes les lèvres, mercredi, au Parlement à Strasbourg, lors du débat préparatoire aux négociations. Mais tous ne tirent pas la même leçon. Si les eurodéputés sont unanimes à vouloir que l'UE parle d'une seule voix, les uns prônent le rehaussement des ambitions européennes (une réduction des émissions de 30% à l'horizon 2020) sans attendre que les autres bougent, dans l'intérêt même de la compétitivité, la croissance verte et l'emploi dans l'UE. Les autres appellent au réalisme par souci de crédibilité et pour accroître les chances de parvenir à un accord climatique mondial juridiquement contraignant, l'an prochain à Johannesburg (COP 17, 2012). D'autres encore - les climasceptiques- appellent à ne pas sacrifier la compétitivité européenne sur l'autel de la « propagande ». Le texte de la résolution qui sera voté jeudi constituera le message politique du Parlement pour Cancún où se rendra une délégation importante d'eurodéputés.

Devant la plénière, Joke Schauvliege, présidente du Conseil Environnement et Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat, ont réitéré leur détermination à « parler d'une seule voix » et rappelé qu'après Copenhague l'UE a décidé de procéder pas à pas. « On ne peut plus pratiquer la politique du tout ou rien », a dit Mme Schauvliege. À Cancún, il s'agit de poser les « fondations d'un cadre pour l'après-2012 ». Compte tenu de la lenteur des progrès dans les négociations, Cancún ne débouchera pas sur un texte juridiquement contraignant. « Mais le texte avant Cancún doit être équilibré pour satisfaire les besoins des pays développés et en développement », a-t-elle averti. L'enjeu des négociations sera de parvenir à un résultat équilibré sur les exigences du Protocole de Kyoto et un nouveau cadre. «L'UE continue de considérer qu'un instrument contraignant est la meilleure façon de donner un contenu », mais le malentendu à Copenhague doit inciter l'UE à se montrer souple face à une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto, pour peu que soient respectées les conditions qu'elle a mises à cette éventualité. La présidente a aussi insisté sur la nécessité de restaurer la confiance des pays en développement et formulé l'espoir que les 2,2 milliards d'euros déjà mobilisés par l'UE en 2010 serviront cet objectif. Connie Hedegaard est allée plus loin en appelant l'UE à « utiliser les derniers jours qui nous séparent de Cancún » pour mobiliser les 200 millions manquants « pour tenir nos engagements ». À ses yeux, « il est clair qu'un accord juridiquement contraignant n'est pas le résultat à attendre de Cancún, parce que d'autres n'y sont pas prêts ». Saluant les conseils prodigués dans le projet de résolution du PE, elle estime que « toutes les propositions ne sont pas possibles », comme celle réclamant un autre objectif que 2°Celsius . « Notre priorité est de ne pas rouvrir Copenhague », a-t-elle précisé. (A.N.)

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