Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - À la veille de la journée internationale de l'élimination de la violence faite aux femmes, Roberta Angelilli (PPE, italienne) et d'autres députées européennes ont lancé, devant la presse, un appel à la Commission européenne pour qu'elle présente une directive globale sur la violence, tant physique que morale, exercée à l'encontre des femmes. Cette directive doit faire partie de la stratégie sur l'égalité des genres, a estimé Silvia Costa (S&D, italienne). Elles ont également appelé le Parlement européen à adopter lors de sa session plénière de décembre le rapport sur la protection des victimes de harcèlement permanent. Elles ont fait part de leur demande de mettre sur pied une année européenne de lutte contre la violence faite aux femmes et indiqué avoir déjà obtenu 402 signatures en faveur de cette requête.
Eva-Britt Svensson (GUE/NGL, suédoise) a demandé de garantir aux victimes une protection adéquate par le biais d'une coopération plus étroite avec les autorités policières. Il faut un cadre législatif solide tant au niveau européen que national. La loi sur le harcèlement permanent doit être la même dans tous les pays de l'UE, a ajouté Barbara Mattera (PPE, italienne). Neuf pays seulement considèrent le harcèlement comme délit grave et donc punissable, a précisé Roberta Angelilli.
Mobilisation également des femmes ministres de l'UE, réunies à Bruxelles ce même jour en sommet informel, à l'initiative de Joëlle Milquet, vice-premier ministre belge. La violence envers les femmes constitue un obstacle majeur à la réalisation du principe d'égalité entre les femmes et les hommes et entraîne de graves conséquences physiques et psychologiques pour les victimes et leurs enfants. Pour cette raison, les femmes ministres des 27 ont signé une déclaration dans laquelle elles s'engagent à soutenir la mise en œuvre d'une stratégie européenne servant de cadre de référence aux politiques nationales, définissant des principes communs et des instruments appropriés, garantissant des progrès mesurables et opportuns.
On parle de millions de femmes dans toute l'Europe qui sont victimes de violences. Il s'agit d'un problème essentiel de notre société, du problème le plus universel de violation des droits de l'homme, a déclaré Viviane Reding, vice-présidente de la Commission devant le sommet. Ces violences ont un coût pour le citoyen européen: 16 milliards d'euros par an. Un coût social et individuel. Pour tenter d'éliminer ces violences, le programme Daphné de la Commission européenne qui porte sur ce sujet doit avoir plus de visibilité. Une demande formulée également par Roberta Angelilli.
Tant côté PE que Commission, une remarque a été faite à propos des coupes budgétaires. Ainsi, Barbara Mattera (PPE, italienne) a noté, avec agacement, que lorsqu'on parle de coupes budgétaires, « on a tendance à diminuer l'importance de ce type de programme » comme le programme Daphné. « 1 euro investi pour résoudre le problème de la violence envers les femmes a un retour sur investissement de 87 euros ! C'est un excellent motif pour assurer une bonne prévention et donc éviter ce problème, qui est le problème le plus universel de violation des droits de l'homme », a constaté Viviane Reding devant le sommet des femmes ministres. La vice-présidente a rappelé qu'au niveau de l'UE, « on a travaillé pour combattre la violence envers les femmes, le trafic des êtres humains, l'exploitation des enfants par abus sexuels. Tous des domaines où les jeunes filles ont la part du lion ! ». Pour éradiquer toutes ces formes de violences, Viviane Reding a jugé vital de travailler sur les droits des enfants, les politiques sociales (pour la prévention) et les droits de l'homme (dans nos relations extérieures). La difficulté vient du fait que, dans ce domaine, on n'a que des estimations. C'est pourquoi, la vice-présidente a demandé, lors de sa visite à Vilnius (EUROPE n° 10261), à l'Institut pour l'égalité des genres, « des chiffres clairs et objectifs afin de pouvoir se baser sur eux pour établir des plans de solutions aux problèmes ». (G.B.)