Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - L'invisibilité des objets, qui n'existe actuellement qu'au cinéma, pourrait bientôt devenir une réalité. La Commission européenne a décidé de soutenir les recherches de scientifiques allemands, grecs, turcs et britanniques qui, grâce à la nanotechnologie, ont réussi à agir sur la trajectoire des ondes lumineuses. Un appui qui s'inscrit dans le cadre de l'initiative de la Commission visant à stimuler la recherche à haut risque sur les technologies de l'information futures et émergentes, l'un des objectifs de la stratégie numérique pour l'Europe. « Je suis émerveillée par l'ingéniosité des chercheurs européens (…) Ces travaux de pointe sont essentiels pour jeter les bases des nouvelles technologies indispensables à la compétitivité de l'Europe », a déclaré la commissaire responsable de la stratégie numérique Neelie Kroes.
Cette percée scientifique repose sur le principe de l'optique et de la transformation, dont l'équipe du projet est aussi à l'origine. Concrètement, les scientifiques du projet PHOME ont conçu et créé une structure composée de « méta-matériaux photoniques », une sorte de « cape d'invisibilité » qui influence le comportement des rayons lumineux. Bien que les essais ne permettent jusqu'à présent que de masquer des objets de l'ordre du micron, ce projet est révolutionnaire car il permet de rendre un objet invisible dans ses trois dimensions, des propriétés optiques que l'on croyait jusque là impossibles, se réjouit la Commission. Jusqu'ici, les tests ne fonctionnaient qu'en deux dimensions (l'objet caché était invisible pour celui qui se plaçait directement devant lui mais devenait visible lorsque celui-ci se plaçait de côté). Les travaux entrepris dans le cadre du projet PHOME ont commencé en avril 2008 et se termineront en 2011. Le coût total du projet est de 1,88 million d'euros et la Commission y contribue à raison de 1,43 million d'euros provenant du budget destiné à la recherche sur les TIC du 7ème programme-cadre de R&D (2007-2013). (I.L.)