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Bulletin Quotidien Europe N° 10263
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Énergie

Soutien avec réserves à la stratégie commune à l'horizon 2020

Strasbourg, 24/11/2010 (Agence Europe) - S'appuyant sur le rapport de la Polonaise Lena Kolarska-Bobinska (PPE), qui sera soumis au vote en plénière ce jeudi, les députés ont apporté leur soutien, avec certaines réserves toutefois, à la nouvelle stratégie énergétique pour l'UE à l'horizon 2020, présentée début novembre par le commissaire européen à l'Énergie Günther Oettinger (EUROPE n° 10254).

Ouvrant le débat précédant l'adoption de son rapport, Lena Kolarska-Bobinska a qualifié de « très bonne » la nouvelle stratégie en cinq points récemment proposée par la Commission européenne, qui conduira à la présentation par les services de M. Oettinger de plusieurs initiatives et propositions législatives concrètes au cours des 18 mois à venir, et qui alimentera les travaux du premier Conseil européen consacrée à l'énergie, le 4 février 2011. « Cette stratégie incarne l'esprit du Traité de Lisbonne, en mettant l'accent sur la solidarité et la sécurité d'approvisionnement, ainsi que la dimension extérieure », a estimé le rapporteur. « Le marché commun de l'énergie doit fonctionner de manière efficace, en incluant le marché des énergies renouvelables qu'il faut encore construire. Il faut moderniser les infrastructures, en s'efforçant de lever les obstacles dressés par les États membres qui protègent leurs opérateurs historiques », a poursuivi Mme Kolarska-Bobinska, appelant à la mise en place de « critères clairs » pour les futurs projets d'infrastructures prioritaires comme de « réglementations claires » pour les projets transfrontaliers. « Le point essentiel, c'est le financement, or nous connaissons bien les tensions qui entourent les perspectives financières », a poursuivi la députée polonaise, avant de conclure: « Les États membres seront-ils prêts à limiter leurs intérêts nationaux ? Nous, nous devons soutenir de tels efforts ».

Défendant sa stratégie dans l'hémicycle, Günther Oettinger a réaffirmé l'importance de moderniser et renforcer les infrastructures énergétiques. « En matière de transport des produits énergétiques comme le gaz et l'électricité, nous ne sommes pas au bout de nos peines si nous voulons garantir l'approvisionnement. Nous avons besoin de transparence, nous avons besoin de l'acceptation du public, mais il nous faut aussi des moyens financiers. La question du financement est essentielle », a expliqué le commissaire à l'Énergie. M. Oettinger a également insisté sur la nécessité d'exploiter « l'énorme potentiel » d'économies d'énergie, pour lesquelles il est « nécessaire de fixer des objectifs clairs », d'exploiter les travaux de la R&D et de recourir aux technologies innovantes, mais aussi de prendre davantage en compte les droits des consommateurs et de lutter contre la pauvreté énergétique. Enfin, sur la dimension extérieure, le commissaire allemand a plaidé pour une « stratégie européenne concertée », notamment « en matière de structures et de contrats de fournitures ».

S'ils ont tous félicité Mme Kolarska-Bobinska pour son « excellent travail », les députés intervenants ont, dans leur grande majorité, apporté leur soutien à la stratégie décennale proposée par M. Oettinger, avec quelques bémols. Ainsi, au nom de la S&D, la Suédoise Marita Ulvskog a fait part de sa « grande déception » concernant l'absence d'objectifs contraignants en matière d'efficacité énergétique, mais en saluant toutefois la présence d'un chapitre relatif aux consommateurs et à leurs droits. « Le problème de la pauvreté énergétique est très important. Les États membres doivent avoir bien conscience de leurs responsabilités », a insisté sur ce second point la députée sociale-démocrate. Insistant sur l'importance de l'énergie éolienne, le Danois Jens Rohde a jugé la stratégie « décourageante » en matière climatique, appelant à un objectif de réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2020 de 30%. Au nom des Verts, le Luxembourgeois Claude Turmes a quant lui insisté sur la pleine mise en œuvre de la législation existante en matière énergétique, à savoir le paquet 'énergie et climat' de 2008, le 3ème paquet de libéralisation et la réglementation sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz. « Vous avez fait un bon travail sur la question des infrastructures. Mais sur le plan de la concurrence, on ne doit pas lâcher », a-t-il lancé à M. Oettinger. M. Turmes a en outre regretté que la stratégie du commissaire à l'Énergie ne soit « pas très précise » en matière d'énergies renouvelables, qui représenteront pourtant 70% des investissements dans les 20 prochaines années. Au nom de l'ECR, le Polonais Konrad Szymanski a quant à lui critiqué la Russie sur la limitation de l'accès aux gazoducs et le monopole exercé par son géant gazier Gazprom. L'Allemand Herbert Reul (PPE) et le Bulgare Emil Stoyanov (NI) ont quant à eux souligné l'importance du nucléaire. (E.H.)

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