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Bulletin Quotidien Europe N° 10263
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

1,3 million de requins tués dans l'Atlantique, selon une ONG

Bruxelles, 24/11/2010 (Agence Europe) - Près d'1,3 million de requins, dont un grand nombre figurent sur les listes d'espèces menacées, ont été tués en 2008 dans l'Atlantique par les bateaux de pêche industrielle, déplore l'ONG Oceana dans un rapport publié lundi 22 novembre en marge de la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA). Selon cette organisation, le véritable chiffre de capture de requins pourrait être bien plus élevé compte tenu des lacunes dans la publication des données sur cette pêche. « Il n'y a pas de gestion au niveau international des stocks de requins », déplore Elizabeth Griffin Wilson, de l'ONG Oceana. La CICTA « a la responsabilité de protéger les principaux prédateurs de nos océans », selon elle.

Sur les 21 espèces de requins grands migrateurs déclarées par les pays comme étant capturées en 2008, les trois quarts sont classées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme étant menacées d'extinction dans certaines régions de l'océan Atlantique. Il s'agit des requins taupes communs de l'océan Atlantique, des requins océaniques et des requins marteaux halicornes. De plus, le rapport de 2010 du Comité permanent pour la recherche et les statistiques (SCRS selon l'acronyme en anglais) a signalé la possibilité que le stock de taupes bleues de l'Atlantique nord soit surexploité.

Oceana rappelle qu'en 2009, les parties contractantes de la CICTA ont mis en place des mesures de gestion pour une seule espèce de requins grands migrateurs: le requin renard à gros yeux. Les captures des autres requins grands migrateurs menacés d'extinction ne sont pas réglementées par la CICTA, relève le rapport d'Oceana.

Sur les 72 espèces de requins de grands migrateurs figurant sur la liste de l'UNCLOS (Convention des Nations unies sur le droit de la Mer), il s'avère que 21 d'entre elles ont été capturées dans les eaux de la CICTA en 2008, ce qui représente un total de 65 049 tonnes. En tenant compte du poids moyen des espèces capturées déclarées par les pays à la CICTA, « on considère que plus de 1,3 million de ces requins grands migrateurs ont été capturés dans les eaux de la CICTA », lit-on dans le rapport. Oceana estime que ce chiffre est « vraisemblablement sous-évalué » dans la mesure où 11 pays n'ont déclaré aucune capture de requin en 2008 et que les rapports sur les données relatives aux captures de requins « sont régulièrement reconnus comme étant peu fiables », affirment les auteurs du rapport. Des estimations scientifiques fondées sur les données du commerce des ailerons de requins à Hong Kong montrent que les captures réelles de requins dans l'Atlantique pourraient être « de 200 à 300 % plus importantes que les captures déclarées à la CICTA ». Le nombre réel de requins grands migrateurs capturés dans les eaux de la CICTA pourrait donc être plus de trois fois supérieur aux estimations.

Nombre de requins sont pêchés pour leurs ailerons (met raffiné très apprécié dans la cuisine chinoise) et une fois cet appendice coupé, le reste du prédateur, mort ou agonisant, est jeté à la mer. Cette pratique consistant à couper les ailerons et à rejeter le reste du requin par-dessus-bord est interdite, mais les failles dans la réglementation ont fait que ces restrictions sont largement ignorées.

Oceana et d'autres ONG luttant pour la conservation des espèces, soutenues par certains gouvernements, ont appelé la CICTA à fixer des quotas et à prendre d'autres mesures pour protéger ces espèces vulnérables. Oceana préconise une interdiction de capturer les espèces menacées de requins: requin marteau, requin renard, requin océanique et requin taupe. Et de fixer des limites de captures, notamment pour le requin mako.

Pour rappel, l'UE préconise une interdiction de traquer le requin marteau, le requin renard et le requin taupe. Les États-Unis notamment ont proposé l'obligation de rapporter « entiers » tous les requins pêchés en mer, ce qui pourrait faciliter les contrôles de l'application de l'interdiction de ne les pêcher que pour les ailerons et permettrait aux scientifiques de se faire une meilleure idée des niveaux de populations.

Le Japon, qui s'est opposé en mars dernier à la protection de quatre espèces de requins menacées dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d'extinction (CITES), vient maintenant de lancer un appel urgent à la CICTA lui demandant d'interdire la capture du requin à pointe blanche (ou requin océanique). (L.C.)

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