Hausse de la croissance, tirée par le Brésil. - Alors que la richesse mondiale a diminué de 11,7% en 2008 sous l'effet de la crise, l'Amérique latine se révèle être la seule zone géographique épargnée, avec une croissance de 3%. Le Brésil est particulièrement dynamique. Tel est le constat de « Global Wealth 2009 », une étude annuelle publiée par le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group. L'étude a mesuré le patrimoine de tous les ménages fortunés ou non, à partir des données recueillies sur 62 marchés représentant 98% du total mondial et auprès de 124 institutions spécialisées dans la gestion de fortune. Le particularisme latino-américain s'explique par une exposition limitée des banques au marché immobilier des États-Unis. Ce qui a permis à la région d'éviter la crise bancaire et un resserrement du crédit. Le marché de la gestion de fortune brésilien a été particulièrement résistant en raison de la croissance régulière des actifs gérés sur place. Une exception qui pèse toutefois peu sur la tendance générale puisque les 2 500 milliards de dollars d'actifs sous gestion de l'Amérique latine ne représentent que 2,7% du total de la richesse mondiale, s'établissant désormais à 92 400 milliards de dollars (contre 104 700 milliards en 2007). La chute la plus importante a été enregistrée aux États-Unis (29 300 milliards de dollars ; -21,8%), suivis du Japon (13 500 milliards de dollars ; -7,8%). Désormais, c'est en Europe que se concentre la richesse mondiale, malgré une baisse également (-5,8%), avec 32 700 milliards de dollars. Le Moyen-Orient et l'Afrique, avec une baisse de -6,9%, concentrent pour leur part 3 000 milliards de dollars. Par ailleurs, les fortunes les plus importantes ont essuyé le plus fort recul, de 22% par exemple pour les détenteurs de plus de 5 millions de dollars, là où les moins riches (en dessous de 100 000 dollars) ont été les seuls à enregistrer une hausse de leur patrimoine, de 2%. Pour leur part, les millionnaires en dollars ont reculé en nombre de 18%, et ils ne sont plus que 9 millions. Ils représentent seulement 0,6% de la population mais détiennent encore 35,6% de la richesse mondiale. La majorité se trouve aux États-Unis (3,99 millions), devant le Japon et la Chine qui se hisse du quatrième au troisième rang. La plus forte concentration, en proportion de la population totale, s'observe à Singapour et en Suisse. La part des actions dans la fortune mondiale a reculé de 39% à 28%, en raison d'un rejet du risque, et la part gérée par des centres off shore, hors du pays de résidence, a enregistré un recul de 8,2% à 6 700 milliards de dollars, dont la moitié environ en Suisse et au Royaume-Uni. (I.L.)