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Bulletin Quotidien Europe N° 9774
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tchad

Idriss Déby cherche à renforcer sa position

N'Djamena, 03/11/2008 (Agence Europe) - À l'approche de la fin du mandat de l'EUFOR, le gouvernement tchadien hausse le ton à l'égard de la communauté internationale. Malgré la signature des SOFA (accords sur le statut de forces) qui dispensaient les avions de l'EUFOR du paiement des charges aéroportuaires, N'Djamena a décidé de taxer davantage les avions se posant sur ses pistes (en l'occurrence tous les avions effectuant des transports de fret et de personnels à destination de l'EUFOR, non mentionnés dans les accords). Les redevances réclamées sont de l'ordre de 15 à 20 000 euros par appareil. Dans ces conditions, certains pays ont cherché à réduire le nombre de rotations, en augmentant la charge transportée. L'Autriche a vu l'un de ses appareils bloqué sur le tarmac de l'aéroport de N'Djamena jusqu'au règlement de la redevance et d'une amende supplémentaire. Dans le même temps, l'ambassade du Tchad à Paris s'est vue privée du droit d'octroyer des visas. Ces derniers doivent désormais être approuvés au niveau central. En outre, le président Idriss Déby veut réduire de plus ou moins la moitié le nombre de militaires qui seront déployés dans le cadre de la force de l'ONU qui prendra la relève de l'EUFOR le 16 mars 2009 (la MINURCAT II). Le secrétaire général des Nations unies souhaite constituer une force qui aurait le double de l'effectif de l'EUFOR, soit 6500 hommes.

Plusieurs explications sont données à une telle attitude du président Déby, qui craint de perdre un pouvoir qu'il exerce sans partage depuis décembre 1990. Il s'agit d'abord d'une posture prise dans la perspective des négociations qui doivent s'ouvrir avec l'ONU pour la phase post-EUFOR et qui pourraient entre autres aboutir à une modification du mandat de la future force déployée au Tchad et en RCA (voir autre nouvelle) . Une deuxième hypothèse cherche des explications plutôt du côté d'une possibilité de la reprise des combats entre les forces rebelles et gouvernementales attendue dès le mois de décembre - l'augmentation des charges aéroportuaires accroissant forcément les recettes de l'État. Bien qu'à ce stade aucun regroupement significatif de rebelles n'ait été observé, ces derniers continuent à effectuer des actions de provocation à l'égard de l'EUFOR, qui cherche à maintenir sa stricte neutralité. L'armée tchadienne est en train de renforcer ses positions à l'est du pays.

Une patrouille française de l'EUFOR a été attaquée, dimanche 26 octobre près de la ville de Moudeina, par des rebelles de l'UFCD (Union des Forces pour la Démocratie et Changement) qui, par la suite, ont accusé l'EUFOR de tentative d'espionnage en faveur des forces gouvernementales. « Qu'il s'agisse de l'EUFOR ou de la soldatesque du dictateur Deby, l'UFCD tient à les mettre sérieusement et sans ambiguïté en garde » et « leur précise aussi énergiquement que ses DCA sont prêts à répondre si cela se reproduit », peut-on lire sur leur site. Le même communiqué précise également que le lendemain de la patrouille française, qui, selon l'UFCD, a tenté de pénétrer dans sa zone d'opération sans s'annoncer au préalable, des avions Sukhoi non identifiés auraient bombardé ses positions. Aucun bombardement n'a été confirmé par l'armée tchadienne. Selon une source militaire, les Su-25 achetés récemment par le gouvernement ne sont pas encore opérationnels. (A.By.)

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