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Bulletin Quotidien Europe N° 9774
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JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/parti libÉral europÉen

Didier Reynders favorable à une agence européenne de notation financière

Bruxelles, 03/11/2008 (Agence Europe) - Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, s'est prononcé en faveur de la création d'une agence européenne de notation financière, jeudi 30 octobre lors d'une session du Congrès du Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs (EDLR) consacrée à la réponse à la crise financière. Nous devrions « essayer d'avoir une agence européenne de notation financière », pas forcément publique, mais qui soit en mesure de concurrencer les agences américaines, a-t-il déclaré. Trois agences américaines - Moody's, Standard & Poor's et Fitch (cette dernière étant passée fin 1997 sous le contrôle d'un holding français) - dominent le marché international de la notation financière. Elles ont été accusées de ne pas avoir alerté suffisamment tôt les investisseurs sur les risques que représentaient certains produits financiers complexes. Selon le ministre belge, l'encadrement européen des agences de notation que la Commission européenne proposera en novembre devra également s'attaquer aux « conflits d'intérêts » pouvant naître du modèle commercial des agences, celles-ci étant payées par les institutions financières qu'elles notent.

M. Reynders a plaidé pour une coordination accrue des politiques économiques des États membres au niveau européen. Cette coordination ne doit « pas seulement avoir lieu au niveau des ministres des Finances », a-t-il indiqué, en évoquant le précédent qu'a constitué le premier Sommet de l'Eurogroupe organisé début octobre à Paris en réponse à l'urgence financière. L'indépendance de la Banque centrale européenne n'est pas en cause, selon le ministre belge, qui attribue aux divergences de vues nationales sur l'organisation des politiques économiques « les critiques » faites à l'institution européenne. Et ce qui a été fait pour sauver le système bancaire, il faut désormais le faire pour les entreprises et les citoyens. Quant à la question de la supervision des institutions financières paneuropéennes, le libéral belge a plaidé pour « un réseau d'entités nationales travaillant ensemble », se réunissant « une fois par mois » sur le modèle du système européen des banques centrales, au lieu d'avoir une autorité européenne de contrôle.

Interrogé par EUROPE sur la position de son gouvernement dans les négociations à venir sur la révision des règles européennes sur la fiscalité de l'épargne, M. Reynders a indiqué que la Belgique avait toujours dit qu'elle renoncerait au mécanisme de retenue à la source en place dans trois États membres (Autriche, Belgique, Luxembourg) à l'horizon 2011 (voir EUROPE n° 9769). La décision belge d'échanger des informations sur l'identité des non résidents ayant placé de l'épargne sur le territoire national se fera indépendamment des positions autrichienne et luxembourgeoise. M. Reynders a également souligné l'importance d'améliorer la qualité des informations communiquées par les administrations fiscales à travers l'élaboration de formulaires standards. Et d'ironiser sur la redécouverte par certains pays de la géographie européenne: les Allemands ont redécouvert l'existence du Liechtenstein, les Français Monaco et les Belges le Luxembourg ! (M.B.)

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