Bruxelles, 17/09/2008 (Agence Europe) - L'Union européenne et l'Union africaine se sont félicitées de leur communauté de vues, à l'issue de leur dixième troïka ministérielle le16 septembre à Bruxelles, consacrée en partie à l'examen de la situation au Zimbabwe, en Mauritanie, en Somalie et au Soudan.
Devant la presse, Bernard K. Membe, président en exercice de l'Union africaine, s'est notamment déclaré « heureux que l'UE soit à nos côtés » pour condamner en les termes les plus fermes le coup d'État du 6 août en Mauritanie. « La position de l'UA est très claire: il faut remettre en place le gouvernement démocratiquement élu et continuer à exercer des pressions sur la junte au pouvoir pour un retour à l'ordre constitutionnel », a-t-il précisé. Évoquant les consultations politiques auxquelles l'UE a convié les autorités mauritaniennes (EUROPE n° 9740), Alain Joyandet, président en exercice du Conseil de l'UE, a ajouté: « ces discussions sont prévues par l'accord de Cotonou. Mais ne nous y trompons pas. Si rien ne change, les sanctions s'appliqueront ».
Les deux parties ont par ailleurs salué l'accord de partage de pouvoir conclu le 11 septembre 2008 au Zimbabwe et décidé d'en suivre très attentivement la mise en œuvre. M. Membe voit dans cet accord « un grand progrès » et considère que « les sanctions de l'UE et des États-Unis ont eu une incidence notable puisqu'elles ont conduit Mugabe à céder du terrain ». Les pressions exercées par la SADC ayant également joué leur rôle, hommage a été rendu à la médiation de Thabo Mbeki. Le commissaire européen Louis Michel a précisé que l'aide humanitaire, qui n'a jamais été interrompue même sous le régime de sanctions, serait renforcée: «c'est une demande de Tsvangirai ». S'agissant de la coopération actuellement suspendue « nous allons pouvoir rouvrir le dialogue avec Tsvangirai, ce qui impliquera nécessairement, si le dialogue est positif, un repositionnement de l'UE », a-t-il déclaré. La prochaine troïka ministérielle UE/UA saura lieu les 20 et 21 novembre en Afrique (A.N.)