Bruxelles, 17/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne devrait adopter, vendredi 19 septembre, un rapport sur la production de fourrages séchés dans l'UE, qui la conforte dans son idée, figurant dans les propositions sur le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC), d'introduire à compter du 1er avril 2011 le découplage total de l'aide en faveur des producteurs de ce secteur. Le rapport n'est donc pas accompagné de propositions, puisque celles du bilan de santé restent d'actualité.
L'Espagne, la France et l'Italie représentant 85% de la production européenne de fourrages séchés et, dans les huit principaux pays producteurs (les trois précités plus Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Royaume-Uni et République tchèque), environ 60 000 agriculteurs cultivent des fourrages verts sous contrat d'aide à la transformation. Le secteur de la transformation dans l'UE à 27 emploie 3000 ETP (équivalent temps plein) de façon directe et 1 500 ETP de façon indirecte.
Les 4,439 millions de tonnes de fourrages séchés admissibles à l'aide européenne durant la campagne 2007/2008 équivalent à environ 700 000 tonnes de protéines brutes et représentent environ 1% du total des protéines brutes consommées par le cheptel communautaire (30% des fourrages séchés servent à fabriquer les aliments composés et les 70% restants sont consommés directement par les animaux). La Commission écrit que la complexité de ce régime de soutien crée une charge administrative considérable dans les États membres. En conclusion, le rapport stipule que sur le marché de l'alimentation animale, les fourrages séchés en tant que source protéique ne revêtent d'ores et déjà qu'une « importance limitée ». L'évolution de ce marché (baisse de la production carnée et disponibilité de co-produits riches en protéines issus de l'industrie des biocarburants) contribue encore davantage à la « marginalisation » des fourrages séchés. En outre: - la rentabilité du secteur est fortement liée à l'aide communautaire ; - la consommation de combustibles fossiles pour produire les fourrages séchés est considérable et est à l'origine d'un volume important d'émissions de gaz à effet de serre. (L.C.)