Bruxelles, 17/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, mercredi 17 septembre, de souffler le chaud et le froid en donnant son feu vert à la privatisation des compagnies aériennes publiques grecques Olympic Airlines et Olympic Airways Services, tout en demandant au gouvernement grec de récupérer auprès de ces compagnies les aides d'État (« incompatibles » avec les dispositions du traité) d'un montant de plus de 850 millions d'euros. Le 19 décembre 2007, la Commission européenne avait lancé une enquête sur ces aides d'État (EUROPE n° 9570).
La Commission et le gouvernement grec sont en conflit depuis 1994 sur ce dossier. La Commission européenne a régulièrement reproché aux autorités grecques de renflouer la compagnie fondée en 1956 par Aristote Onassis pour lui éviter la banqueroute, et ce au détriment des concurrents.
La Grèce a notifié à la Commission un projet de privatisation du groupe Olympic et « la Commission a conclu que ce projet ne comporte pas d'aides d'État », a annoncé en salle de presse, le commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani. L'approbation de ce plan de privatisation permettra, espère le commissaire, de « rompre définitivement avec le passé ». Certains actifs d'Olympic Airlines et d'Olympic Airways Services seront vendus « au prix du marché, en suivant une procédure la plus ouverte et la plus transparente possible », a précisé M. Tajani. Ce processus aboutira à la création de trois entités: une compagnie aérienne qui reprendra 65 % des capacités d'Olympic Airlines ainsi que la possibilité d'utiliser la marque et le logo Olympic Airways, et deux autres sociétés qui s'occuperont respectivement de l'assistance en escale et de l'entretien. Les actifs restants d'Olympic Airlines et d'Olympic Airways Services seront liquidés. La nouvelle compagnie créée sera « privée à 100% » et toute cette opération de privatisation devra se faire avant fin décembre 2009, a ajouté le commissaire. Le processus de privatisation sera supervisé par un mandataire indépendant qui veillera au respect des engagements pris. Ce mandataire fera régulièrement rapport à la Commission, qui pourra, si nécessaire, « rouvrir l'affaire ». Le commissaire a souligné que la recette des ventes des actifs des deux sociétés pourrait servir à « commencer à restituer l'argent au gouvernement ». (L.C.).