Bruxelles, 17/09/2008 (Agence Europe) - S'exprimant devant la Conférence de l'ONU pour le commerce et le développement (CNUCED), mardi 16 septembre, Pascal Lamy s'est dit prêt à convoquer dans les « semaines à venir » à Genève les ministres du Commerce des pays membres de l'OMC pour ficeler définitivement un accord sur les modalités de libéralisation des échanges et boucler le round de Doha. Tout dépendra des progrès réalisés à Genève par les négociateurs, qui ont repris leurs travaux la semaine dernière, dans le règlement des points de divergence, comme le mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM), ou des questions encore en suspens, comme le coton et la simplification tarifaire. « Les raisons pour lesquelles nous devons conclure deviennent chaque jour plus pressantes à mesure que les perspectives économiques et financières continuent de se dégrader », a ajouté le directeur général de l'OMC, qui reste convaincu que la ministérielle de juillet a permis des avancées substantielles en dépit de son échec dû aux divergences sur le mécanisme de sauvegarde pour les importations agricoles des pays en développement (EUROPE n° 9714). « Il y a maintenant trop sur la table, en particulier pour les pays en développement, pour renoncer », a-t-il insisté. Les négociateurs du « G-7 » (Australie, Brésil, Chine, États-Unis, Inde, Japon et UE) se sont retrouvés la semaine dernière pour avancer sur les pierres d'achoppement, en particulier le SSM. Les discussions doivent se poursuivre cette semaine. Lundi 15 septembre, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a plaidé en faveur de la tenue d'une nouvelle ministérielle à l'automne (EUROPE n° 9741). Le 16 septembre, le ministre indien du Commerce, Kamal Nath, s'est quant à lui montré sceptique, dans un entretien accordé à La Tribune à l'issue d'une réunion avec son homologue française, Anne-Marie Idrac, qu'il recevait à Delhi, sur la possible relance des discussions, compte tenu des échéances électorales aux États-Unis puis en Inde. M. Nath a réaffirmé qu'il n'est « pas question pour l'Inde d'accepter des compromis sur la question de la sécurité alimentaire ». Il rappelle en outre que la question du coton n'a pas encore été abordée. Enfin, il ajoute que « seules des discussions techniques sont en cours et qu'aucune réunion ministérielle n'est prévue ». Son collègue à l'Industrie, Ashwani Kumar, n'a pas semblé plus optimiste en déclarant: « Malheureusement, je ne vois pas comment on peut fixer un calendrier parce que tout le monde doit faire des concessions. Nous savons tous que dans une année électorale, les gouvernements ne font pas de concessions ». En marge d'une réunion des ministres du Commerce de l'UE lundi 15 septembre à Bruxelles, Mme Idrac a estimé elle aussi que les chances de voir les négociations repartir rapidement étaient très faibles, en dépit de la reprise des discussions techniques à Genève. « Il est tout à fait douteux que les pourparlers au niveau technique pourront combler le fossé politique constaté en juillet dernier », a-t-elle insisté. (E.H.)