Bruxelles, 11/06/2007 (Agence Europe) - La réception ce mardi à Bruxelles par le Commissaire au Commerce Peter Mandelson de son homologue chinois Bo Xilai ne devrait pas être une réunion de courtoisie entre le pilote de la politique commerciale de l'Union et le ministre du Commerce de la nouvelle puissance exportatrice mondiale. En effet, l'examen de relations commerciales bilatérales en pleine expansion ne devrait pas être sans heurts car plusieurs points de friction opposent les Vingt-sept au géant chinois.
Sur le plan offensif, M. Mandelson, souvent critiqué pour son approche plus souple et consensuelle à l'égard de Beijing que celle choisie par Washington, devrait de nouveau plaider pour une ouverture réciproque des marchés chinois en vertu des engagements pris par la Chine lors de son adhésion à l'OMC en 2001. De manière générale, il devrait en particulier mettre l'accent sur la nécessité d'une concurrence loyale, le rejet des pratiques déloyales et l'acceptation par Beijing de ses responsabilités sur la scène internationale, en particulier dans le cadre des négociations multilatérales de Doha.
Plus spécifiquement, au plan offensif, plusieurs points devraient être soulevés par le Commissaire au Commerce. En premier lieu, M. Mandelson fera part à son homologue chinois des préoccupations concernant le déficit commercial de l'Union à l'égard de la Chine et l'insuffisance des mesures prises par Beijing pour le réduire. Il devrait donc souligner l'importance que la Chine offre un accès amélioré à son marché pour les exportations européennes afin de contribuer à un rééquilibrage de la balance commerciale. Autre point important, les négociations lancées le 17 janvier dernier pour un nouvel accord de partenariat et de coopération (APC) qui doit remplacer l'accord bilatéral de 1985: M. Mandelson devrait en particulier souligner l'importance de fixer un ordre du jour ambitieux et équilibré pour le commerce et l'investissement. Le Commissaire au Commerce appellera également la Chine, qui sera le grand bénéficiaire du round de Doha, à prendre des engagements comparables à ceux pris par les autres grands pays émergents comme le Brésil et l'Inde, notamment en matière de réduction des droits de douane sur les produits industriels (NAMA).
Au niveau bilatéral, M. Mandelson insistera de nouveau sur les préoccupations des Vingt-sept en matière de protection des droits de la propriété intellectuelle en Chine. En dépit des progrès déjà observés, l'Union en attend de nouveaux qui visent à la fois à réduire la contrefaçon, à améliorer le cadre légal et à assurer le paiement des royalties (notamment dans le secteur des TIC). Bien qu'il n'ait pas l'intention de demander une prolongation de l'accord du 5 septembre 2005 qui a instauré des quotas pour limiter temporairement les exportations de textiles chinois, M. Mandelson devrait souligner la nécessité d'une coresponsabilité pour assurer une transition en douceur après 2007. Il devrait donc demander à M. Bo de veiller, via la mise en place d'un système de surveillance, à ce que les exportations vers l'Union ne s'emballent pas de nouveau dans l'hypothèse d'une disparition du dispositif. M. Mandelson soulèvera également la question des exportations chinoises d'acier en forte expansion et de l'insuffisance des exportations chinoises de matières premières (coke et terres rares) pour satisfaire les besoins européens. Enfin, il appellera à la mise en œuvre des engagements en matière d'ouverture du secteur des services (services financiers et télécommunications).
Sur le plan défensif, la Chine devrait insister sur l'obtention du statut d'économie de marché (EUROPE n° 9435) et sur la levée des mesures communautaires sur les importations de produits chinois d'origine animale. (eh)