Bruxelles, 26/03/2007 (Agence Europe) - Les Etats-Unis ont apporté leur plein soutien au plan de Martti Ahtisaari, qui a remis lundi ses propositions sur le statut futur du Kosovo au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon. « Nous soutenons pleinement, de toutes les façons », ce plan, qui intervient après un « long, équitable et très compliqué processus », a déclaré lundi à la presse à Bruxelles le sous-secrétaire d'Etat américain chargé des affaires politiques, Nicholas Burns, avant sa rencontre avec Javier Solana, le Haut représentant de l'UE pour la PESC. « C'est la position ferme de notre gouvernement » qu'il faudra tenir lors des « cinq, six, sept semaines d'intenses consultations », qui s'ouvrent maintenant au Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie a déjà affiché ses réticences à une solution imposée sans l'aval de Belgrade et de Pristina et sa préférence pour la poursuite des pourparlers.
Dans son plan, l'envoyé des Nations Unies au Kosovo prévoit une « indépendance supervisée » ainsi que la protection des droits de la minorité serbe, a confirmé M. Burns pour qui « après un an d'efforts et un an de discussions, il est temps que les Kosovars reçoivent ce qui leur est dû ». Nous plaiderons en ce sens en espérant qu'une résolution du Conseil de sécurité puisse être adoptée en « avril ou mai », a-t-il enfin ajouté, en indiquant que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Konstantin Titov, se rendra à Washington lundi prochain pour discuter de la question. A terme, « l'indépendance est la seule option viable pour un Kosovo politiquement stable et économiquement viable », indique dans son rapport M. Ahtisaari, qui propose à ce stade que « l'indépendance du Kosovo et les obligations résultant de ma proposition de règlement s'exercent dans un premier temps sous la supervision et avec l'appui d'une présence internationale civile et militaire ».
Les Européens soutiennent eux aussi très largement le plan de M. Ahtisaari, reconnaissant pour la plupart l'échec des négociations et la nécessité de trancher la question du statut sans attendre. La Grèce avait toutefois évoqué la possibilité de donner plus de temps pour parvenir à une solution négociée entre Serbes et Kosovars. La semaine dernière, Olli Rehn, le Commissaire chargé de l'élargissement, a ainsi appelé à l'unité européenne, mettant en garde contre les « risques d'instabilité et de chaos » dans l'ensemble des Balkans (EUROPE n° 9392). (ab)