Bruxelles, 26/03/2007 (Agence Europe) - Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité, samedi 24 mars, la résolution 1747 élaborée par l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) et qui vient renforcer les sanctions définies par la résolution 1737 du 23 décembre dernier pour contraindre Téhéran de suspendre ses activités d'enrichissement et de retraitement de l'uranium. Les nouvelles mesures prévoient un embargo sur les exportations d'armes iraniennes et de « matériel connexe », des restrictions financières et commerciales (gel des avoirs), ainsi que sur les voyages à l'étranger pour une liste élargie de personnalités et entités, au nombre de 28, impliquées dans les programmes nucléaire ou balistique de l'Iran. Le Conseil de sécurité prévoit toutefois une suspension de ces mesures si l'Iran suspend dans les 60 jours suivant l'adoption de la résolution 1747 ses activités liées à l'enrichissement et au retraitement, y compris la R&D, afin d'« ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable ». En revanche, il envisage de prendre d'autres mesures si Téhéran n'obtempère pas.
La résolution 1747 devrait surtout avoir un « impact politique », a expliqué à la presse lundi matin un diplomate proche du Haut représentant de l'Union Javier Solana, en soulignant qu'elle a été adoptée à l'unanimité alors que l'Afrique du Sud et l'Indonésie, nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité s'étaient montrés plutôt réticents. Il a en outre mis l'accent sur la volonté exprimée lors du vote à New York par les « Six » (UE-3, Chine, Etats-Unis et Russie) de « retourner à la table des négociations ». « Nous sommes engagés à trouver une solution négociée répondant aux préoccupations de la communauté internationale », souligne en effet une déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères des « Six », tout en réaffirmant que leur offre de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire civile (ainsi qu'en matière politique, économique et de sécurité) mise sur la table en juin 2006 était toujours valable. Le diplomate de l'Union a par ailleurs indiqué lundi que M. Solana devrait « rapidement » - probablement dans les deux prochains jours - appeler le négociateur iranien Ari Larijani afin de relancer les négociations. (eh / oj)