Bruxelles, 07/02/2007 (Agence Europe) - Depuis plusieurs mois, les salariés d'Airbus en France et en Allemagne sont incertains quant à leur avenir. Leurs craintes ont été renforcées la semaine dernière lorsque le PDG d'Airbus et coprésident d'EADS (le groupe européen de défense et d'aéronautique et maison-mère d'Airbus), Louis Gallois, avait évoqué « la possibilité de céder la gestion de certains sites d'Airbus » dans le cadre du plan de restructuration « Power 8 ». Le ministre allemand de l'Economie Michael Glos n'a pas attendu pour réagir vivement à cette évocation en indiquant que Berlin pourrait annuler des commandes à EADS si celui-ci délocalisait une partie de la production d'Airbus hors de l'Allemagne.
Outre les mobilisations syndicales d'envergure en Allemagne et en France contre ce plan, Francis Wurtz, Président du groupe GUE/NGL au Parlement européen, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti Communiste Français (PCF) et Oskar Lafontaine, Président du groupe parlementaire Die Linke au Bundestag, ont eux aussi réagi en publiant la déclaration suivante: « Que ce soit en France ou en Allemagne, aucun motif ne justifie la suppression de postes de travail chez Airbus. La direction prend prétexte de sa propre défaillance, pour imposer aux personnels une régression sociale prévue depuis longtemps. Nous condamnons vigoureusement le fait que les gouvernements français et allemand ne réagissent pas face aux licenciements, mais se contentent d'exiger que les suppressions de postes aient lieu dans l'autre pays. Nous souhaitons que les imposantes manifestations des salariés des deux pays obligeront les gouvernements à prendre leurs responsabilités dans l'affaire Airbus. Les Etats doivent avoir une influence directe sur la stratégie d'entreprise d'EADS ».
Le plan de restructuration Power 8 doit être présenté le 20 février prochain au comité d'entreprise d'Airbus. Ce plan entraînerait la suppression de milliers d'emplois, une réduction importante du nombre de sous-traitants, une pression accrue sur ceux qui restent et une incitation ouverte aux délocalisations, note le communiqué des trois signataires de la déclaration. Ils ajoutent que ces projets de la direction interviennent dans un contexte marqué par la perspective d'un doublement de la flotte mondiale dans les 20 ans à venir: une étude prévoit que les compagnies aériennes commanderont plus de 1000 avions par an en moyenne au cours de cette période, concluent-ils. (gb)