Bruxelles, 27/11/2006 (Agence Europe) - Le processus de consultation ouvert la semaine dernière par la Commission européenne sur la modernisation du droit de travail dans le sens de la « flexicurité » continue de susciter des réactions contrastées (voir EUROPE N.9312 et 9314). Critiquée en général par les représentants du patronat, la démarche est jugée trop peu ambitieuse par la Plateforme des ONG européennes du secteur social. Tout en se félicitant dans un communiqué de la publication du « tant attendu Livre vert » de la Commission pour « s'attaquer aux lacunes dans la protection des travailleurs et au problème des normes sociales européennes », les ONG en déplorent la « portée limitée ». Et elles insistent: pour nous, « cette consultation aidera à comprendre comment la législation doit évoluer pour protéger les individus concernés par de nouvelles formes d'emploi, et pour défendre des valeurs partagées comme l'égalité entre femmes et hommes et la non discrimination ». Anne-Sophie Parent, présidente de la Plateforme sociale, renchérit: « Les contrats flexibles et à court terme ne devraient pas entraîner davantage de discrimination dans l'emploi, en fournissant une explication facile à la cessation d'un contrat. Si on veut éviter que les groupes les plus marginalisés soient enfermés à long terme dans des bas salaires, (…) ou dans une inactivité forcée, il faut donner des garanties pour assurer des droits équivalents pour tous les travailleurs ». En outre, Mme Parent demande que cette consultation soit aussi l'occasion d'ouvrir un « débat structuré sur l'impact du dumping social dans l'UE », car si l'Union n'agit pas face à ce phénomène, « elle ne regagnera jamais la confiance des gens ». Dans ces conditions, la Plateforme sociale presse la Commission de s'assurer qu'un consensus sera atteint avant d'adopter des principes communs pour la flexicurité. (mg)