Bruxelles, 27/11/2006 (Agence Europe) - En considérant le projet de fusion Universal / BMG. La Commission a consulté la Independent Music Companies Association (IMPALA) sur l'impact probable de cette acquisition. IMPALA a déposé son rapport à la Commission le 22 novembre, exposant l'avis unanime de ses membres selon lequel un tel rapprochement irait fortement à l'encontre de la concurrence dans le secteur de l'édition musicale. La Commission se prononcera d'ici le 8 décembre, et les antécédents récents laissent à prévoir un refus.
Le 6 septembre, Vivendi et Universal Music Group (Universal), filiale à 100 % de Vivendi, avaient signé un accord ferme avec Bertelsmann pour l'acquisition de BMG Music Publishing (BMG), l'activité d'édition musicale de Bertelsmann. Le montant total de cette acquisition s'élève à 1,63 milliard d'euros, en valeur d'entreprise. Ce projet à déjà reçu l'approbation des autorités américaines de la concurrence, mais sa réalisation dépend du blanc-seing de leurs homologues européens.
Les membres d'IMPALA comprennent des maisons d'édition et de disques, donc respectivement les concurrents et clients éventuels de la nouvelle entité. Helen Smith, vice-secrétaire générale d'IMPALA, explique qu'elles sont toutes d'avis que « le marché ne tolérerait pas plus de concentration ». Effectivement, dit-elle, « une réunification de Universal et BMG leur permettrait de contrôler le fonctionnement du marché […] et d'exclure les acteurs indépendants ou plus petits ».
Le marché de l'édition musicale a connu une concentration aiguë au cours des dix dernières années, avec 80% des titres actuellement entre les mains des cinq conglomérats les plus importants, dites « majors ». Consolider cet oligopole, ne serait-ce que par la fusion de deux d'entre elles, constituerait une réduction du nombre de majors de 20% (de 5 à 4 entités).
C'était déjà un argument clé utilisé par IMPALA en juillet 2006 contre la création de l'entreprise commune entre Sony et BMG. Après le feu vert de la Commission pour ce rapprochement, IMPALA a saisi le Tribunal de première instance, qui a rejeté l'aval de la Commission.
Après ce rejet, il ne serait pas surprenant que la Commission se montre très prudente lors de son évaluation du cas Universal / BMG, surtout compte tenu des similarités avec le cas précédent. La consultation préalable d'IMPALA est déjà en soi une indication de sa position, et Mme Smith est plutôt optimiste quant à l'issue de l'affaire. « Je ne vois pas que la Commission ait vraiment le choix », dit-elle. La décision de la Commission sera communiquée le 8 décembre au plus tard. Une réponse négative entraînerait l'ouverture d'une enquête plus approfondie, d'une durée de cinq mois. (cd)