Bruxelles, 27/11/2006 (Agence Europe) - En adoptant jeudi par 34 voix pour, aucune contre et 3 abstentions le rapport de la Britannique Eluned Morgan (PSE) relatif au Livre vert sur l'énergie, la commission de l'industrie de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen a affiché sa fermeté en plaidant d'abord pour un objectif contraignant de réduction des émissions de CO2 au-delà de 2012 et d'ici 2020 - en adoptant un amendement des Verts, elle a soutenu un objectif de 30% sur la base des niveaux de 1990 - et en faveur d'un objectif indicatif pour 2050. Elle demande, en outre, que le système communautaire d'échange de quotas d'émissions soit révisé pour prévoir un recours progressif à la vente aux enchères ou à une évaluation des performances basée sur les résultats et inclure des secteurs supplémentaires à forte consommation énergétique couvrant tous les modes de transport. En soutenant un objectif communautaire d'au moins 20% d'économies d'énergie d'ici 2020, la commission ITRE a également réaffirmé son attachement à ce que l'efficacité énergétique soit prioritairement promue dans toutes les politiques sectorielles. Elle demande une stratégie spécifique pour le secteur des transports visant à la fois à supprimer progressivement le recours aux combustibles fossiles, à réduire la dépendance énergétique externe de l'UE et à accroître progressivement l'utilisation d'énergies propres dans ce secteur. Pour accélérer la diversification des sources d'énergie, le rapport Morgan insiste sur la nécessité d'un cadre politique stable à long terme reposant sur un objectif de 25% d'ici 2020 pour la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE et sur une feuille de route pour atteindre l'objectif de 50% d'ici 2040. La commission ITRE reconnaît par ailleurs le rôle du nucléaire dans la diversification énergétique de certains Etats membres et dans la limitation des émissions de CO2 et soutient que les décisions relatives au futur de l'énergie nucléaire doivent rester du ressort des Etats membres concernés. Le rapport Morgan souligne par ailleurs l'importance de placer les consommateurs au cœur des futures politiques énergétiques (notamment pour garantir l'accès à l'information sur les prix et les offres et le libre changement de fournisseur) et de traiter avec davantage de clarté la question de la « pauvreté énergétique ». En matière de relations énergétiques extérieures, la commission ITRE estime que l'UE doit définir une position commune vis-à-vis des pays tiers pour augmenter sa capacité de négociation avec les pays producteurs et consommateurs. Le Commissaire à l'Energie devrait, selon la Commission, assumer un mandat bien défini qui détermine une perspective européenne de planification énergétique à long terme. Enfin, la commission ITRE appelle à prendre en compte très sérieusement les risques réels de déficit dans la fourniture de gaz russe après 2010 et à exiger de Moscou la ratification de le Charte de l'énergie et de son protocole de transit. Le rapport Morgan sera voté en plénière en décembre à Strasbourg. (eh)