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Bulletin Quotidien Europe N° 9315
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/elargissement/multilinguisme

Leonard Orban défend l'importance du multilinguisme, mais insiste sur le strict respect des compétences des Etats membres en ce qui concerne les langues des minorités

Bruxelles, 27/11/2006 (Agence Europe) - Les députés européens ont auditionné lundi les deux Commissaires désignés de Roumanie et de Bulgarie, Leonard Orban (multilinguisme) et Meglena Kuneva (protection des consommateurs). Le vote d'approbation des deux futurs Commissaires est prévu pour la session plénière du PE du 11-14 décembre. Les deux nouveaux Commissaires entreront en fonction le 1er janvier 2007.

Devant les membres des commissions de la Culture/Education et des Affaires constitutionnelles, Leonard Orban, ancien négociateur en chef de la Roumanie pour les négociations d'adhésion, a avant tout défendu l'importance de son portefeuille, le multilinguisme, contre tous ceux (y compris au PE), qui se sont interrogés sur la « légèreté » de son domaine de responsabilité. Le multilinguisme est « crucial » pour la réussite du projet d'intégration européenne, mais aussi pour le dialogue interculturel au sein de l'UE, la dimension sociale de l'Europe (« celui qui connaît plusieurs langues a plus de chances de trouver un emploi et contribuera ainsi à l'intégration et la cohésion sociale ») et le dialogue des institutions européennes avec les citoyens qui, avec les élargissements successifs de l'UE, se sentent « menacés dans leur identité régionale, culturelle et linguistique ». Le multilinguisme est aussi « essentiel » pour l'économie européenne et l'ambition de l'UE de mettre en œuvre l'Agenda de Lisbonne pour la croissance et la compétitivité, a-t-il insisté: « Pour transformer l'Union européenne en une société compétitive et innovante, il faut des gens multilingues ».

« J'ai la conviction forte que le multilinguisme doit devenir une partie intégrante de toutes les politiques et de tous les programmes de l'Union européenne », a souligné M.Orban qui - à part une très courte introduction en français et anglais - s'est exprimé exclusivement en roumain, y compris dans ses réponses aux questions des députés. Le Commissaire désigné, qui a souligné qu'il allait poursuivre le travail « impressionnant » du Commissaire Figel, a aussi déjà présenté quelques initiatives qu'il entend prendre au cas où il serait confirmé dans son poste: organiser une conférence ministérielle avant la fin 2007 pour préparer le nouveau plan d'action pour le multilinguisme qui sera présenté en 2008, lancer une réflexion sur la mobilité des professeurs de langues dans l'UE, organiser une conférence avec les entreprises européennes pour voir comment - concrètement - des mesures en faveur du multilinguisme pourront contribuer à atteindre les objectifs de Lisbonne, promouvoir le sous-titrage des films, lancer un concours de traduction pour les écoles dans l'UE à l'occasion du 50ème anniversaire du Traité de Rome en mars 2007, etc..

Au cours de la longue session de questions/réponses, M. Orban s'est très souvent réfugié derrière la « compétence exclusive » des Etats membres, par exemple quand les députés l'ont interrogé sur la possibilité d'augmenter le nombre de langues officielles de l'UE (actuellement au nombre de 20, mais qui passera à 23 au 1er janvier 2007 avec le Bulgare, le Roumain et le Gaëlique) ou sur le respect des droits linguistiques des minorités vivant dans les pays membres. « Dans le cadre des projets et programmes européens, je veux défendre toutes les langues parlées dans l'Union européenne, pas seulement les langues officielles », a expliqué le Commissaire désigné, mais l'organisation des droits linguistiques des minorités ou de l'emploi des langues dans l'enseignement des Etats membres relève de la compétence exclusive des gouvernements nationaux, a répété M.Orban qui affirme ne pas vouloir « dépasser ses compétences » et qui s'est par ailleurs prononcé contre l'idée d'une législation européenne en la matière.

La prudence de M.Orban n'a pas plu à tout le monde, plusieurs députés souhaitant que le futur Commissaire prenne un rôle plus actif, notamment dans la défense des droits linguistiques des minorités ou la promotion des langues régionales. « Nous voulons que vous soyez au sein de la Commission un défenseur du multilinguisme et des droits linguistiques des autres minorités, comme celle des Rom par exemple, et pas seulement quelqu'un qui respecte les compétences des Etats membres », a par exemple estimé l'Autrichien Hannes Swoboda (PSE). « Je n'hésiterai pas à avoir ce dialogue avec les minorités et les Etats membres, mais dans le strict respect de mes compétences et de celles des Etats membres », a réitéré M.Orban.

EUROPE rendra compte demain de l'audition de Mme Kuneva. (hb)

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