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Bulletin Quotidien Europe N° 9309
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe/italie

Combiner approfondissement et élargissement, avec deux « points d'arrivée », « Traité fondamental et frontières extérieures », affirme Massimo D'Alema

Bruxelles, 17/11/2006 (Agence Europe) - Dans un discours sur « La deuxième chance de l'Europe » prononcé le 25 octobre à l'Institut universitaire européen de Florence, le ministre italien des Affaires étrangères Massimo D'Alema affirme que, pour saisir cette deuxième chance après la crise constitutionnelle, l'Europe doit respecter « l'ancienne règle d'or (…): il faut combiner approfondissement et élargissement » , tout en précisant: ce serait une erreur de tirer de la crise constitutionnelle la conclusion qu'il faut bloquer tout nouvel élargissement ; au contraire, « les avantages stratégiques de nouveaux élargissements sont une motivation supplémentaire pour surmonter l'impasse constitutionnelle ». Dans ces deux domaines, l'Europe a besoin de « points d'arrivée, du moins dans une phase transitoire », fait valoir M.D'Alema, en ajoutant: « Un Traité fondamental et des frontières extérieures rendraient la structure générale de l'Europe élargie plus claire et plus solide, en confiant les progrès supplémentaires à une flexibilité accrue. A des formes de coopération renforcées, à l'intérieur ; à des formes de partenariat renforcé, à l'extérieur ». Pour lui, donc, l'essence du Traité constitutionnel signé à Rome en 2004 doit être préservée », car « nous ne pouvons pas prétendre un consensus autour d'un acteur politique dont les règles de fonctionnement interne demeurent incertaines ». Dans ce contexte, l'Italie ne s'opposerait pas à des changements de terminologie (elle veut un « Traité fondamental de l'Union européenne », qu'il s'appelle Constitution ou non), mais elle insiste: on ne pourra pas partir du texte de Nice, pour proposer de simples remaniements. « Il faudra prévoir des ajustements: il pourra même y avoir des éléments nouveaux », comme un Protocole social, concède M. D'alema, qui avoue: « Je n'aime pas l'expression « mini-traité », qui renvoie les choix importants à plus tard (…). Je préfère parler de « Core Treaty » » - avec, comme réformes indispensables, la création d'un ministre des Affaires étrangères et d'un poste de président stable du Conseil européen, l'extension du vote à la majorité qualifiée avec double majorité Etats membres- population, l'introduction de mécanismes de démocratie directe et d'une répartition plus claire des compétences, et une Charte des droits juridiquement contraignante (« peut être l'innovation la plus significative »).

Quant aux frontières de l'Europe, M. D'Alema souligne que le processus d'élargissement n'est pas encore complet, et qu'il ne le sera que lorsque l'UE inclura les Balkans occidentaux et, « dans une perspective temporelle successive, plus éloignée, la Turquie ». Si la clarté du projet européen « implique des frontières extérieures certaines », la réalisation de ce projet exige, selon M. D'Alema, « une condition supplémentaire: une flexibilité accrue à l'intérieur de l'Union ». Ainsi, avec l'élargissement de l'UE, « on pourrait penser que la politique extérieure commune s'organise sur la base de critères de responsabilité géographique et par la création de « groupes de contact » », estime le ministre, tout en précisant: « oui à la coopération renforcée, de manière ouverte et inclusive ; non aux directoires ».

Selon M. D'Alema, l'Europe des prochains 50 ans « existera si elle existera à l'extérieur », si elle fera de la sécurité sa priorité. La crise libanaise le prouve, car la réponse européenne à cette crise a été « le premier signal de reprise », le premier signal « qu'une chance s'offre à l'Europe de redémarrer ». (mg)

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